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2019-11-04T13:54:58+01:00

Ôtez cette étiquette que je ne saurais voir

Publié par Florence Beuken

 

C'est ma fille, lors de mon anniversaire, qui m'a fait cogiter sur tout ça en me souhaitant ses bons voeux et en me demandant de rester toujours aussi jeune dans ma tête, ainsi que sa maman meilleure amie.
Bien sûr, j'ai trouvé ça touchant. Mais en même temps, je ne pouvais pas m'empêcher de penser à ce qu'on m'a inculqué comme ce que devait être la relation parentale (ou éducative au sens large), ou en tout cas ce qu'elle ne devait pas être : une relation d'amitié !

 

Mettre les lunettes de l'autre pour mieux comprendre ses mots



Puis j'ai réfléchi, et j'ai discuté avec elle de ce qu'elle voulait dire par là. Et donc ce qu'elle mettait derrière cette étiquette : la confiance, le fait de pouvoir parler de ce qu'elle vit, ses émotions, être acceptée et aimée comme elle est, le fait de rire ensemble, passer des bons moments, m'aimer et me respecter, aussi.


Pour moi, cette présence, cette confiance, cet amour inconditionnel, cela fait partie de mon rôle de maman (tel que je le conçois pour moi). Les règles? L' "autorité"? Elle a 14 ans, les règles importantes pour moi, elle les a intégrées. Les nouvelles, celles qui correspondent à son évolution d'adolescente, on en discute ensemble. C'est ce qui fait que j'ai confiance en elle, que je peux lui laisser une certaine liberté.


La confiance qu'elle a en moi? Le fait qu'elle me raconte sa vie, me demande mon avis? J'en suis évidemment ravie. Mais ça, c'est elle. Elle qui choisit de le faire. Elle qui choisit cette part de notre relation.
ça ne durera peut-être pas. Je ne le sais pas, ça lui appartiendra, ça aussi.

 

"Je ne suis pas ta copine !"



Donc cette "étiquette" qu'elle a joliment collée sur notre relation actuelle, elle ne correspond pas à cette phrase que nous avons peut-être toutes déjà prononcée "Je ne suis pas ta copine!" mais à sa définition d'un vécu. Son point de vue à elle, avec ses mots à elle.

C'est pourquoi c'est tellement important d'aller voir ce qu'il y a dessous.

 

Dis-moi quelles sont tes étiquettes, je te dirai ... euh... pas forcément qui tu es



J'ai alors re pensé aux étiquettes que je portais étant enfant.
Je crois que les deux plus grosses étaient "lente" et "timide". Quoique la "sage" prenait pas mal de place non plus.
Elles m'ont poursuivi très longtemps, celles-là. Parfois, je dois encore gratter la colle qu'elles ont laissée.

Oh je ne peux pas donner tort à mes parents, ni à toutes ces personnes qui me les ont appliquées.
J'étais toujours la dernière à terminer mon repas, qui souvent était froid. Je mettais des plombes à terminer mes exercices en première primaire (CP), ce qui me valait souvent d'être surnommée "la limace dans un pot de confiture" par la maîtresse. En sport, n'en parlons même pas. C'était la catastrophe et j'étais toujours la dernière "choisie" lorsqu'on faisait les équipes.

 

Mais ces étiquettes, étaient-elles/sont-elles moi?


Je ne peux pas m'en cacher, c'est vrai que j'ai ces traits de personnalité, ou ce fonctionnement... Mais la formulation n'est, avouons-le, pas très très positive. (La "limace dans un pot de confiture", il y a du level, quand même !)


Avoir ces étiquettes version "bof" m'a donné une image de moi "bof" pendant longtemps. Puis l'envie de me battre contre celles-ci pour ne plus être "timide", "lente", "trop sage" (traduction "chiante comme la pluie") et donc me sentir mal, car je luttais finalement contre ma nature. 


 

C'est pendant mes études pour devenir éducatrice spécialisée que j'ai vu qu'on m'accueillait comme j'étais. Tant mes "collègues" que mes profs. J'étais comme j'étais, il n'y avait pas de moule pour être éduc (contrairement à mes études précédentes pour devenir prof), on partait de ce qu'on était pour offrir le meilleur aux personnes qu'on accompagnait.
Ma timidité est devenue une grande capacité d'écoute, ma lenteur une façon d'être posée et même apaisante. Quant au côté sage, je l'ai gardé pour être dans le respect des personnes... et je l'ai laissé derrière moi pour apprendre à sortir du cadre quand je n'étais pas d'accord, ne comprenais pas ou ne trouvais pas de solution. J'ai transformé mes "étiquettes" en "facettes"... Ce n'est pas quelque chose qu'on m'a collé dessus, c'est moi. Selon la lumière qui s'y reflète ça peut sembler bien ou pas bien (et cela dépend donc du regard de l'autre, pas de ce que je suis réellement !) Je peux les transformer au fil du temps, car il y a l'usure, il y a les choix... Et finalement, c'est très précieux tout ça : un peu comme un diamant.

(Et si Marilyn Monroe dit vrai, je suis donc ma meilleure amie!)

 

 

"Le pouvoir de l'acceptation"



Ces grosses étiquettes moches représentent aujourd'hui encore des parts que je n'apprécie pas toujours chez moi, mais aussi les parts de moi que j'aime le plus parce qu'elles font "moi".



Etre dans l'acceptation de ce que je suis au fond de moi m'a également permis d'être plus en paix avec moi-même. Et si ma timidité me fait encore enrager quand, dans un repas avec des personnes que je ne connais pas bien, je n'arrive pas à parler de tout et de rien sans me mettre la pression, dans d'autres circonstances, comme lorsque je donne des formations, les personnes en face de moi tombent des nues quand je leur avoue ce trait de ma personnalité, ou cette difficulté que je peux encore vivre.

 

 

 

 

 

Des post-it-oeillères (parfois collés avec de la superglue)
 


C'est ce travail sur moi qui me permet aussi, je pense, d'être dans la plus grande ouverture possible face aux personnes. J'ai toujours besoin d'aller plus loin que l'apparence ou l'étiquette mise par d'autres. Pour moi, même si je vois des actes qui ne me semblent pas top, je pense qu'il y a une explication qu'on peut essayer de découvrir. Pour moi, les généralisations tuent. Car chaque personne est différente.

 

C'est dans cette façon d'envisager mon individualité que j'accepte de montrer certaines de mes facettes aux personnes que j'accompagne. Ma fille me disait "mais maman, t'es pas sérieuse?" quand j'ai acheté ma fabuleuse trousse "je peux pas j'ai aqualicorne" !
- Que vont penser tes patients?
- Qu'est-ce que tu penserais, toi, si tu voyais une psy avec cette trousse?
- ça me ferait rigoler, je crois, puis je la trouverais sympa.

Voilà, les personnes qui viennent chez moi, viennent parce que ce je leur propose leur parle. Et comme mon premier outil de travail c'est moi, c'est que ça leur convient. Je n'ai pas à faire la "psy sérieuse à barbe" puisque ce serait jouer un rôle. Si ils trouvent trop bizarre ce que je suis, c'est probablement qu'un de mes confrère avec d'autres caractéristiques leur conviendra mieux !

Pour ceux qui ne me connaîtraient pas, ceci n'est pas réellement moi.


Cette ouverture, j'en ai d'ailleurs fait l'une des règles que j'explique lorsque je démarre une formation : la règle d'ouverture. Chacun a ses idées, opinions, valeurs... On a le droit de ne pas être d'accord, de ne pas comprendre. Dans ce cas, il est préférable de poser des questions, essayer de comprendre... et toujours sans jugement.

En partant de ce principe, on a tellement à gagner !

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