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2018-06-25T16:09:14+02:00

Le manuel du parent parfait

Publié par Florence Beuken
Le manuel du parent parfait

Ce n’est pas une grande découverte, on sait qu’être parent aujourd’hui est bien plus complexe qu’il y a un siècle. Maintenant, on cherche avant tout à être heureux, et comme on n’est pas tous heureux de la même manière, on sort des cadres confortables et sécurisants de nos ancêtres.
Le problème c’est que sans ce cadre, ok on chemine vers notre propre bonheur, mais purée que c’est compliqué de trouver comment faire lorsque personne ne nous l’a expliqué. Ou que justement Tata Renée et Mamy Chantal nous on dit des choses, mais que ça ne correspond pas à notre vision de la vie/du respect de l’enfant/de la place de chacun/du conseil de la voisine ou l’enseignante ou de la psy ou de [à compléter].


Une super solution

 

Comme chaque problème a sa solution, et que s’il n’en a pas, quelqu’un la créera toujours, le Monde a inventé ... (roulements de tambour) les livres de parentalité !
Les bibles Pernoud et magazine Parents ont longtemps voyagé de mère en mère (oui, les pères étaient peu concernés à l’époque, ou du moins c’était ce qu’on estimait normal). Ces ouvrages apportaient des conseils, ces repères qui manquaient… Puis le Monde s’est dit que, quand même, avoir plusieurs sons de cloche, c’était pas mal. Donc il en a créé d’autres. Puis comme le Monde exagère toujours, il en a créé trop. Beaucoup trop. Une rapide recherche sur le net vous montrera qu’en guise de magazines, on a largement le choix (on a le choix d’avoir du bon, mais aussi du moins bon, d’ailleurs…) et en livres, comment dire … nous sommes carrément ensevelis ?

J’adore les livres, je ne peux pas m’empêcher d’en acheter ou d'en emprunter. Plein. Sauf que là, pour me tenir au courant de tout ce qui existe, c’est carrément impossible. Il me faudrait une équipe complète qui lirait et me résumerait tout ce qui sort chaque mois.
Du coup, je ne lis plus que ce qui m’attire vraiment. Comme ce livre, qui a sauté sur moi un jour, dans cette supergrandesurface. Il était si beau, avec toutes ses couleurs. Il était clair, plein d’images, de photos, des petits tests, des schémas. Le tombeur de ces lecteurs !
En plus ! Il était soldé à 4 euros ! QUATRE EUROS vous vous rendez compte ? Personne, non vraiment personne d’un tant soit peu intéressé par le sujet ne pouvait passer à côté !


Y a des livres, ils craignent !



Bon, j’avoue, il y avait un mais. Parce que malgré le fait qu’il soit paré de ses plus beaux atours, ce livre avait un titre qui ne me plaisait pas : « Comment être une super maman ? »
Déjà, pourquoi rien que les mamans ? Moi qui suis une fervente défenseure des papas, je n’aime pas trop qu’on les mette comme ça de côté. (Bon, je spoile un peu : ils apparaissent quand même en photo dans le livre, les papas. Deux fois. Une fois où ils jouent avec les enfants. Une autre où ils sont à table et attendent que maman apporte le repas. Du papa tout craché, quoi !)
Le mal était un peu rattrapé dans le sous-titre : « 10 compétences  dont tous les parents ont besoin ». Ok, "parents", mamans ET papas. (On pourrait même imaginer belles-mamans et beaux-papas, mais je crois que je deviens trop gourmande, là!) Par contre, on fait attention aux papas (bieeeen !),  mais il y a 10 compétences. 10 conditions, en gros, pour obtenir ce permis de Super Parent. (paaas bieeen !)

Ça, moi tout de suite, ça m’embête ! Parce que je n’aime pas les recettes, je n’aime pas le cadre, je n’aime pas les bulletins de note.
En fait, ce livre au physique parfait, il allait en séduire des parents. Des parents qui cherchaient des repères, des parents qui peut-être n’avaient pas trop confiance en eux parce qu’ils n’y arrivaient pas comme ils l'auraient voulu (des parents normaux, quoi ! Peut-être toi !)… il allait te séduire et puis PAF ! Il te montrait en un coup de table des matières que non, décidément être un super parent ce n’était pas pour toi.
Ben oui, parce qu’en plus tu pouvais les économiser tes 4 euros : tu pouvais te détruire le moral dès la première page, puisqu’elles étaient déjà écrites en toutes lettres ces fameuses conditions.



Je vous le dis tout de suite : je ne suis pas une super maman !
Et voilà. C’est foutu. Je vais même arrêter ce métier, revendre Grandechérie à cette auteure, qui doit être la seule supermaman au monde, et aller élever des chèvres dans le sud.
(J’espère que je trouverai le livre « Comment être un super éleveur ».)

Plus sérieusement, comme je l’ai dit, je suis quelqu’un qui  n’aime pas les recettes. Je trouve que des petites méthodes, simples, qui souvent ne sont que du bon sens, cela peut aider parfois. Mais il faut aussi s’autoriser à ne pas accrocher, à avoir d’autres façons de faire, qui peuvent même changer dans le temps ou selon les contextes.
Puis si par miracle une recette fonctionnait, il y a de fortes chances qu’elle n’aurait pas le même effet avec mes autres enfants, ou avec ceux de la voisine, ou dans un autre contexte. Donc globalement, une recette, il y a plus de chance que ça ne marche pas.
Et si on est un parent qui cherche des repères (ce qui est souvent le cas si on lit tout ça), c’est qu’on n’est pas très à l’aise avec notre façon de faire, de penser… Du coup, se planter même avec des recettes, ben souvent on va se dire que décidément on est vraiment trop nul.
Puis on se retrouve chez le psy !

Je me souviens particulièrement d’une maman qui après son premier atelier Parents-papote® m’a dit « mais en fait, je suis une bonne maman, j’en avais toujours douté ! ». MAIS OUI !


THE recette pour être un bon parent

Moi, la recette que j’ai envie de vous donner, c’est celle-ci :
Pour être un super papa/une super maman, vous devez :
1. Etre un papa/une maman
2. Avoir une cape.


Comment ça, c’est ridicule ? Non ! pas plus que nous demander d’être TOUJOURS bien dans notre peau, calme, zen, attentif, en forme, tel qu’on espérait être et j’en passe.
Bien sûr qu’il est normal de se poser des questions, bien sûr qu’il est normal de ne pas y arriver, de péter un câble, d’en avoir ras le bol. Bien sûr qu’il est normal de se sentir largué face aux méthodologies trop théoriques, parce que nous sommes humains, nous sommes uniques, et nous sommes merveilleux !



Alors lâchez-vous la grappe !

Soyez fier de tout ce que vous faites déjà de bien ! Soyez fier de qui vous êtes !
Et si vous avez envie de rester qui vous êtes, tout en vous sentant mieux et en gérant ces petites choses qui vous embêtent, on peut en parler ici, en commentaires ou lors du défi « Je deviens le parent que je suis » dès juillet !





 

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2018-06-20T11:43:32+02:00

Faire sa part quand d'autres la détruisent au tractopelle

Publié par Florence Beuken
Faire sa part quand d'autres la détruisent au tractopelle

Ce matin, je m'apprêtais à écrire un billet sur les patients qui oublient de prévenir de leur absence, chose qui m'agace prodigieusement. Je voulais faire prendre consciencedu fait que oui, les thérapeutes sont des êtres humains et que vos oublis impactent aussi leur vie...

En attendant d'écrire (en bonne procrastineuse que je suis), je surfais un peu sur le net, je regardais mon fil facebook. Et, alors que d'habitude je fuis les infos, j'ai vu la vidéo de cette journaliste en pleurs, incapable de parler de ces enfants séparés de leurs parents et enfermés dans des cages.
Ça m'a bouleversée. Et je me suis sentie bien ridicule avec "ma matinée foutue" quand tant de personnes vivent des atrocités actuellement parce que d'autres, bien plus grands, oublient qu'il ne s'agit pas d'un virus, d'un problème mathématique, mais d'êtres humains, avec un vécu, une histoire, des émotions...

Douce révolution

Quand j'avais 18 ans, je me souviens que j'avais eu, comme beaucoup de jeunes de mon âge, une prise de conscience sur le Monde, la Société. Je voyais tout ce qui n'allait pas, je voyais les injustices. J'étais révoltée. Je ne savais pas encore comment mais je savais que je voulais faire changer les choses, à ma façon. Certains de mes amis m'appelaient la douce révolutionnaire. (Je n'avais pourtant pas encore de diplôme et ne pouvais pas me nourrir toute seule, mais ça c'est une autre histoire.)

Aujourd'hui, en voyant tout ça, de plus en plus, de plus en plus gros, de plus en plus inhumain, je revis la stupéfaction de mes 18 ans. Avec en plus ce sentiment d'impuissance que l'on peut avoir quand notre sensation d'omnipotence adolescente nous fait défaut à l'âge adulte... 

Faire sa part



Pendant des années, j'ai agi en colibri, j'ai fait ma part. J'étais convaincue que faire ce que je pouvais, à mon échelle, c'était déjà très bien. Dans mon boulot, autour de moi, avec cette fameuse bienveillance... Je prônais aussi cette philosophie, invitant les personnes autour de moi à faire ce tout petit machin, parce que ce petit machin, c'était déjà énorme. Et parce que plein de colibris ensemble, ça pouvait donner un sacré truc positif ! 
Je reste convaincue de ça. Et je continue.

Colibri VS Cracoucass

Mais si en face on a l'immense Cracoucas, qu'est-ce qu'ils peuvent faire les colibris, à part se faire bouffer? 


L'expression qui me vient, c'est "sauve qui peut". Mais sauver qui? Soi? Nos proches? Ce que l'on a ? Eux? L'origine de l'expression signifierait plutôt de sauver sa propre peau si l'on peut. J'avoue que cela ne me convient pas trop, mais en même temps si on ne se sauve pas soi, comment aider les autres?


Du coup, est-ce que ça sert à quelque chose qu'on prenne soin de notre petit village alors qu'à côté un pays entier est en train d'être démoli? Est-ce que les bisounours peuvent vraiment faire fondre le méchant Coeur de Pierre? J'ai envie de répondre oui, qu'il ne servirait à rien de ne pas prendre soin de ce qu'on a, que c'est toujours ça de donné, ça de beau, de positif, de bonne énergie que l'on répand autour de nous... Moi je choisis de continuer...

Mais aujourd'hui, je suis amère, triste, dépitée... Je me sens toute petite... Comment avoir l'esprit tranquille quand on sait tout ça?



Rassurez-moi, vous autres colibris, dites-moi comment vous voyez/ressentez tout ça? Comment vous agissez, vous aussi, à votre échelle? 

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2018-06-18T12:18:50+02:00

La bienveillance, ça me fait chier !!!

Publié par Florence Beuken
La bienveillance, ça me fait chier !!!

 

Non, mais soyons honnêtes, autant dire les choses comme elles sont ! 
La plupart des gens, a fortiori ceux à qui on a parlé de bienveillance le pensent sans oser le dire tout haut. 
Et comme quand c'est dans notre tête, on se permet plus et bien je me le permets, comme ça, tout brut !

 


"Ce n'est pas très bienveillant de dire ça !" me direz-vous.
Probablement. Mais autant le dire, "la bienveillance" on n'a rien contre elle, en fait.
Sauf qu'on nous la sort à toutes les sauces, il y a des rumeurs énormes qui circulent à son propos.

La bienveillance ce serait LE truc à la mode qui consiste à laisser tout faire à nos gamins sous prétexte qu'ils ne sont pas capables de gérer leurs émotions.

Ben en fait non, la bienveillance ne concerne pas que les enfants, elle concerne toutes les personnes avec qui on est en relation, enfants comme adultes, et surtout nous-mêmes (à commencer par là, d'ailleurs). 

Si ça commence par moi, ça signifie que je ne dois pas non plus tout accepter des autres?
EH BEN NON ! Tu as des limites, tu as des valeurs, tu as des besoins... Si tu ne les fais pas respecter, comment veux-tu rester bienveillant avec les autres? (En tout cas moi j'en serais incapable !)

La bienveillance, plus que des pratiques ou une méthode, c'est d'abord un regard. Comment est-ce que je regarde les autres? Comment je me regarde moi?
On est dans une société où on va d'abord voir tout ce qui ne va pas... ça n'aide pas à la bienveillance. ("Je vois tous tes défauts, tout ce que tu fais de mal, mais je te regarde avec des coeurs dans les yeux..." Euh, y aurait un bug, là, non?)

La bienveillance, c'est d'abord être bien soi-même... pour être bien avec les autres.

Un truc à la mode?
Un barbu en sandalettes le prônait déjà il y a 2000 ans... (Il n'a pas très bien fini, mais ça c'est une autre histoire).
 


Donc oui, moi je suis une convaincue de la bienveillance. La vraie, pas celle qu'on a caricaturée à outrance. Et j'essaie, au jour le jour de la mettre en pratique dans ma vie. Je n'y arrive pas toujours, mais je l'accepte aussi, par bienveillance envers moi-même...

Envie d'en découvrir un peu plus sur ce sujet? D'en parler avec d'autres? Et même de mettre en pratique, tous ensemble, des petits défis, des exercices pour faire un pas vers cette nouvelle façon de fonctionner tellement agréable? Rejoignez-nous pour 21 jours de défi "J'ose la bienveillance"
Ça démarre lundi 25 et ça se passe, d'ores et déjà, ici !


 

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2018-06-11T17:41:49+02:00

Les psy, des barbus insensibles?

Publié par Florence Beuken


 

S. Freud. Psy. Barbu.

Quand je vois les questions que l’on me pose avant de sauter le pas, ou quand j’écoute les personnes autour de moi qui me racontent les craintes qu’elles ont eues ou ont encore, je me dis qu’il y a encore du chemin à faire pour démystifier cette profession.
Pour ma part, non je n’ai pas de barbe, non je ne vous tourne pas le dos en marmonnant des mhmh toutes les deux minutes et oui,
il m’arrive d’être tour à tour émue, touchée, horrifiée par vos histoires et vos souvenirs. Et, je peux vous assurer que je ne suis pas une exception à la règle.

 



La juste distance, ou la juste proximité

Quand je suis arrivée dans la profession, après mes études, je « savais » qu’il fallait écouter avec bienveillance, tout en gardant une distance, parce que bon on était des professionnels et il ne fallait pas se laisser bouffer par les émotions des personnes qu’on accompagne. On me disait « il faut être fort pour faire ce métier, moi je ne pourrais pas. »
Ce n’est que plus tard que j’ai compris que la vraie force c’était d’être soi, un être humain, qui vibre aussi, qui entre complètement dans l’histoire de la personne qu’il accompagne… mais qui peut ressortir aussitôt la tête au dehors pour apporter un éclairage différent.
Je crois que c’est là toute la subtilité : on est dedans, dehors, dedans, dehors sans cesse.
Etre dehors, comme je le croyais, ça fait de toi un bon technicien. Mais pour être un bon professionnel de la relation d’aide (parce que ça va au-delà des psy), il faut aussi être dans ce relationnel, cette empathie.
Dans le jargon professionnel, on parle de « juste distance »… Je préférerais "juste proximité". Parce que je me sens vraiment proche des personnes qui viennent me voir au cabinet. J’ai beau avoir parfois des soucis, dès que la porte se referme, je suis dans une bulle avec eux, je suis à 100% là pour eux.

Mais quelles sont ces ressentis qu’un psy va éprouver ?

Et bien, il y en a des tas. Je pense que ceux qui reviennent le plus souvent sont l’empathie, la joie, la tristesse, la confrontation des valeurs, l’attachement. Parfois il y a de l’agacement aussi, je l’avoue, puis le choc ou même la peur, même si ça reste très anecdotique.

L’empathie, c’est la base. C’est me mettre en vibration avec les personnes, à la fois pour les comprendre et pour saisir la subtilité des émotions ressenties. Sans ça, je suis un robot.

J’ai souvent ressenti de la joie : cette personne qui retrouve un boulot top après un long processus pour sortir du burn out, cette maman qui était venue me voir pour se remettre d’une fausse couche et qui, après une nouvelle grossesse me décrit un tableau complice entre ses deux fils, tableau tellement joli après beaucoup de souffrances, que je sentais que mes yeux devaient briller… J’ai été triste avec ce mari qui malgré ses efforts pour reconquérir son épouse sentait bien qu’elle lui échappait. La joie de voir les réussites, les défis remportés, de voir que la thérapie n’a plus lieu d’être dans ces moments-là, c’est de la joie pour eux, et un sentiment d’avoir été utile qui se mélangent, c’est extra !

Parfois j’entends des histoires qui sont contraires à mes valeurs, des choses que moi je ne ferais pas. Des choses pour lesquelles je me souviens avoir dit à mes amis « je suis désolée, mais ces choses là je ne me sens pas capable de les recevoir, ça me touche trop ». Mais dans cette bulle sécurisée du cabinet, je suis avec les personnes, je les accueille comme elles sont, avec ce qu’elles choisissent. Alors ça fait un truc bizarre dans le ventre quand même, parce que tu dis que c’est compliqué, mais tu écoutes, tu soutiens, tu comprends… Comme cette fois où j’ai accompagné un papa à finalement ne pas reconnaître sa fille de 3 ans qui ne l’avait jamais vu. Et l’histoire m’a prouvé une fois de plus que « la solution est en vous », pas en moi, parce qu’il se connaissait suffisamment, cet homme, pour ne pas donner d’espoir à un enfant en entrant puis ressortant dans sa vie, happé par ses démons.

C’est toujours une déception aussi de voir que la thérapie n’a pas mené là où on pensait que c’était le meilleur.
Quand ce couple que je voyais se rapprocher à nouveau au fil des mois a décidé de se séparer parce que finalement l’amour s’était déjà fait la malle, j’en ai pleuré en rentrant chez moi. Ou quand cette maman ex-toxicomane a décidé d’arrêter sa cure et retourner dans son milieu où elle retrouverait probablement la drogue tôt ou tard. Ce n’était simplement pas le moment pour elle, elle est d’ailleurs revenue plus tard. Mais sur le moment, c’est dur. Mais on ne peut pas sauver les gens malgré eux, et puis même, qu’est-ce que ça veut dire les sauver ?

Puis il y a l’attachement. Je crois que beaucoup de personnes voient le psy comme un outil. Et c’est très bien comme ça. Mais comme en fait on est un outil avec un cœur dedans, ben quand vous partez on est contents parce que vous allez mieux, puis on a un petit machin dans le ventre de ne plus vous voir. Parfois c’est justement le fait d’être vraiment humain, dans la relation qui est l’outil thérapeutique. Je me souviens de ce petit garçon de 6 ans, placé. Il ne savait pas parler, juste des balbutiements, parce qu’à la maison, avec sa famille nombreuse, il ne posait pas de problème. Et comme il ne posait pas de problème, on n’avait pas besoin de lui adresser la parole. C’était en institution et l’une de mes collègues et moi, au moment d’aller le border, nous restions un peu avec lui. Et ces moments étaient magiques parce qu’il nous parlait. Il s’animait, il en avait des choses à dire. On ne le comprenait qu’avec difficulté, mais ce n’étais pas grave, c’était tellement beau. Tout ça parce que nous avions décidé de mettre de l’humanité dans nos tâches quotidiennes. C’était il y a environ 15 ans, mais je me souviens encore de sa petite bouille (bon, il doit avoir fameusement changé maintenant !)
Tout ça pour dire que c’est comme une petite partie de ma bulle qui s’en va dans chacune des personnes qui reprennent leur route. Alors quel bonheur c’est de recevoir parfois des messages, des remerciements, des nouvelles, des personnes qui ont lu un article qui les a fait penser à moi. On sait que les routes se séparent parce qu’on leur a été utile à un petit moment dans la vie, mais on a connecté nos humanités. Et ça, qu’est-ce que c’est beau !

 

Et bien voilà qu’en fait, un psy est un être humain comme les autres. (Révélation !) Avec des failles, des faiblesses, un vécu, des valeurs, puis un cœur gros comme ça. Et il a appris à ne pas sombrer dans ces sentiments, à sortir de la bulle régulièrement, en prenant de la hauteur, pour voir ce qui se passe et aiguiller les personnes, pour ne pas se regarder le nombril quand ça ne correspond pas à ses valeurs, parce que là, ses valeurs, on s’en fiche un peu. Sauf la bienveillance, gros mot à la mode, mais si beau : voir le positif en chacun, pour l’aider à faire ressortir le meilleur de lui-même, selon les critères et besoins de la personne et pas ce que le psy croit être le meilleur pour elle !
Puis parfois, le psy, il a une barbe aussi.
Et de temps en temps il fait mhmh quand même.


Et vous, quelles sont vos expériences avec les psy ? Avez-vous pu entrevoir l’humanité derrière le cahier ? Les yeux qui brillent ? Des éclats de rire ?
Et si vous êtes psy/professionnels de la relation d’aide, quelles sont vos anecdotes, vos plus grosses émotions ?
Venez nous raconter en commentaire.

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2018-06-04T15:24:13+02:00

Les premières fois

Publié par Florence Beuken

Il y a quelques mois, Grandechérie a eu son premier rendez-vous chez l'orthodontiste. Elle était stressée. C'était un gros cabinet, avec plein de monde, j'avais un peu peur que ça soit impersonnel.
Mais chacune des personnes que nous avons rencontrées s'est adressée à nous avec patience, avec le sourire, avec de l'écoute et du temps. Le médecin s'est adressé directement à Grandechérie pour lui poser des questions, attendre ses réponses, la rassurer, lui expliquer les choses.
J'ai trouvé ça merveilleux. 

Il y a quelques jours, j'étais en voiture et j'ai croisé un autocar plein d'enfants. La dame devant, à côté du chauffeur, n'avait pas le sourire. Je me suis peut-être trompée, mais j'ai imaginé qu'elle était l'accompagnante, l'animatrice peut-être, et que ces enfants faisaient un voyage qu'ils attendaient depuis longtemps, le premier peut-être. Un voyage pour lequel ils se réjouissaient, ou encore qui leur faisait un peu peur (l'un n'empêchant pas l'autre)...

Et ça m'a fait réfléchir. Dans nos métiers, nous tombons dans une sorte de routine. ça devient normal, habituel. Mais lorsqu'il s'agit d'un métier où nous sommes en contact avec des gens, notre routine-tout-à-fait-normale est peut-être un moment spécial pour cette personne. 
Grandechérie qui attendait depuis si longtemps un traitement orthodontique qui lui faisait pourtant peur, ces gamins qui voyageaient, cette personne qui vient me voir pour parler de ce qui la fait souffrir parfois après avoir hésité pendant des mois, cette personne qui va s'acheter un truc, n'importe lequel, mais qui a une valeur spéciale à ses yeux... 

Cela devrait être tellement "normal" de prendre soin de ce moment, parce que pour les autres, ce n'est pas de la routine, c'est une partie de leur vie, peut-être une première fois

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2018-06-04T13:32:58+02:00

Mais dis donc, qui est cette "thérapeute familiale mais pas que"?

Publié par Florence Beuken
Mais dis donc, qui est cette "thérapeute familiale mais pas que"?

Bonjour à vous qui arrivez sur ce blog !


Je ne vais pas vous mentir, je n'en suis pas à mon premier blog. Mais j'ai eu envie de reprendre à zéro avec plusieurs objectifs.

D'abord j'ai toujours aimé écrire. Et, alors que je suis une grande timide à l'oral, je suis extrêmement bavarde à l'écrit. Donc c'est un plaisir pour moi de venir papoter à travers cet écran, partager mes pensées, mes coups de coeur, mes réflexions.

C'était aussi l'occasion de montrer qu'un thérapeute familial (mais je vous assure que c'est valable pour toutes les professions en "psy") est quelqu'un de tout à fait normal. Avec ses défauts et ses qualités, ses forces et ses faiblesses, sa personnalité tout simplement. 

Dans ce blog, j'ai envie de partager avec vous mes réflexions sur les domaines qui me sont chers : la parentalité et l'éducation, le couple et le burn out ... Au fil de mes rencontres, de mes apprentissages, de mes découvertes, j'écrirai tout simplement.
Attention, ce sont des avis (plus ou moins éclairés selon les cas), jamais des vérités. Cette fameuse Vérité, je ne la détiens malheureusement pas. Je vais même vous dire, je crois qu'on nous a menti : elle n'existe pas ! 

Mais, je me rends compte que je bavarde, je bavarde, mais je n'ai même pas encore répondu à la question ! Qui suis-je?

C'est une question difficile, aussi, il faut dire.



Déjà, professionnellement, j'ai plusieurs casquettes. Oh elles sont de la même couleur, elles se complètent mais il y en a un paquet. Je vous raconterai mon parcours un prochaine fois. Disons que pour résumer, on peut dire que je suis éducatrice spécialisée, thérapeute systémique et thérapeute familiale. J'ai également un tas d'autres formations qui viennent enrichir ma vision de ce boulot (je pense que j'ai un problème avec les formations : je suis incapable de m'arrêter, il faudrait peut-être que je consulte ;) ), art-thérapie, thérapie conjugale, psychologie positive, travail avec les familles en difficulté sociale, accompagnement des personnes à haut potentiel...

Je travaille donc comme psychopraticienne (nouveau mot fourre-tout qui a remplacé l'ancien fourre-tout "psychothérapeute") dans un cabinet, mais également comme formatrice (même de l'autre côté du bureau, je n'arrive pas à m'en passer, vous voyez) essentiellement auprès des professionnels de l'enfance.

Côté privé, je suis une maman (d'une ado de 13 ans) et une belle-maman (d'une préado de 10 ans1/2 et d'un grand garçon de 9 ans), une compagne (mot quand même plus élégant que "partenaire de pacs"), une femme de bientôt 40 ans et toutes ses dents (sans aucune carrie, les dents, une fierté!).
J'aime : manger de bonnes choses, rire, inventer, dormir, lire, écouter les histoires des personnes que je rencontre, apprendre, cuisiner, les surprises, raconter des histoires aux enfants, jouer comme si j'avais 5 ans, essayer de comprendre, les jeux de piste, les frites (belges et donc cuites dans la graisse de boeuf une première fois à 150° une seconde à 180°... voilà, la recette, c'est cadeau!), les petits mots d'amour de ma fille, sortir des sentiers battus, la musique, le soleil, regarder les nuages, jouer aux jeux vidéos...
Je n'aime pas : quand le réveil sonne, les régimes, le mensonge, le sport, l'hypocrisie, la méchanceté gratuite, l'intolérance, le gras dans la viande, faire le ménage, les reproches, les démarches administratives (surtout en France), me fâcher, perdre aux jeux vidéos (et à tous les autres)...
(Liste bien en tendu non-exhaustive)

Et vous, qui me lisez, dites-moi tout : qui êtes-vous?

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