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2019-11-16T12:18:00+01:00

"Une séance, s'il- vous-plait ! Et une suspendue" Quand la solidarité s'en mêle.

Publié par Florence Beuken

Je pense que je suis une révoltée dans l'âme depuis très très longtemps. L'injustice m'a toujours semblé insupportable. J'ai eu la chance de rencontrer les bonnes personnes qui m'ont permis de saisir des chances et sortir d'un chemin qui aurait pu être tout tracé pour moi.



Pendant mes études, je n'osais sortir de ma réserve pour m'insurger contre la théorie de "l'héritage culturel". Que faisais-je là, sur ces bancs de l'école, s'il y avait cette fatalité de rester dans le niveau social que nos parents nous transmettaient ? Je ne le voulais pas pour moi. Je ne le voulais pas pour les autres.



Ce sentiment d'injustice m'a poursuivie et je le ressens encore régulièrement quand j'entends des personnes me dire "je ne vais pas pouvoir suivre les séances, c'est un peu compliqué niveau budget."


Y a-t-il une fatalité à continuer à aller mal, si ça va mal financièrement?

Certes, je pense que parfois cela peut être une question de volonté. Il y a des choix à faire, et décider d'aller bien peut être une priorité. Je repense souvent à Monsieur O. qui, à 67 ans, faisait deux fois par mois une dizaine de kilomètres à pieds pour venir en thérapie, et prévoyait son budget en fonction de cette "activité nécessaire à son bien-être", malgré une petite retraite.
Pour l'avoir vécu de l'intérieur, parfois ce n'est tout simplement pas possible. On peut retourner le problème dans tous les sens, on peut réduire les dépenses au max, manger des pâtes au beurre en fin de mois (qui commence de plus en plus tôt), on ne trouve pas cet argent qui pourrait nous aider à sortir la tête hors de l'eau.
Il arrive d'ailleurs qu'on ne rentre pas dans les cases de "ceux qui peuvent bénéficier d'une aide", parce que, oui, on peut travailler et "être pauvre", on peut "être propre sur soi et donner le change" mais en crever.

 



Quand j'en ai eu l'occasion, j'ai proposé à des personnes, qui osaient me le dire, de réduire le montant des séances, de les espacer, de faire du troc... Mais je me mettais finalement en difficulté. Et ce n'était pas "juste" pour moi.
Dans les réseaux d'entrepreneurs, j'ai pu constater que d'autres collègues se posaient la même question : comment trouver l'équilibre entre main tendue et respect de soi ?

C'est alors qu'est venue l'idée des "séances suspendues". A l'instar des cafés suspendus, projet initié en Italie il y a quelques années.


Le fonctionnement? Très simple et basé sur la solidarité : une personne qui "passe par là" et en a la possibilité, laisse le montant d'une séance (ou une moitié) pour qu'une personne qui passera par là plus tard, et n'a pas les moyens de se l'offrir, puisse bénéficier de cette séance suspendues.



De mon côté, ça y est, j'ai franchi le pas : une page explicative sur mon site a été créée, un compte paypal entièrement dédié à ce projet a été ouvert. Je n'attends plus que les généreux donateurs...
 


D'ailleurs... saviez-vous que le 3 décembre était la journée de la générosité ("Giving Tuesday" aux Etats-Unis)?
A cette occasion, je ferai une action spéciale pour accueillir de nouvelles personnes. Vous m'aidez?

 

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2019-11-08T17:16:48+01:00

Insufflatrice de paix dans le monde

Publié par Florence Beuken

Il y a quelques jours, lors d'une réunion du collectif Parentalité "Pôp & Co", j'ai eu une illumination.
Encore? Allez-vous me dire. Et bien oui.
L'une des participantes mettait en effet le doigt sur ce qui fait toute la difficulté que j'ai à présenter mon activité professionnelle de manière brève et succincte aux personnes qui me le demandent (et attendent une vraie réponse).


Habituellement, je pars sur du "je suis thérapeute, mais je travaille également comme formatrice, ma spécialité c'est... mais je m'intéresse aussi à ..." Et là, non seulement, j'ai perdu mon interlocuteur, mais je bâille d'ennui de mes longues explications.


Là, il apparaissait bien plus important de miser l'accent sur les bénéfices attendus. De mettre le doigt sur ce qu'on allait changer, ce à quoi on allait arriver, avant même de dire par quels moyens.
Tout l'inverse de ce que j'ai toujours fait.

C'est donc ce matin dans ma douche (l'un de mes deux endroits favoris pour réfléchir, l'autre étant ma voiture) que j'ai cogité : quel était mon objectif, finalement? A quoi est-ce que j'aspirais? Quel était mon grand rêve ? Me sentant une véritable Miss, j'ai ouvert les bras avec grâce et me suis écriée, de ma voix la plus suave "La paix dans le monde !"



Bon évidemment, la paix dans le monde, c'est la réponse bateau, cucul la praline et tout et tout. Mais c'est vrai. Si j'y réfléchis, vraiment, au plus profond de moi, ce que j'aimerais par dessus tout, c'est que tout le monde puisse vivre en bonne intelligence, chacun avec ses différences, ses choix, sa manière d'être ou de vivre ; que l'on arrive à communiquer ensemble, à trouver chacun la voie vers ce qui nous rend le plus heureux sans avoir besoin d'écraser les autres.

Alors bien sûr, je n'ai pas réussi à rentrer dans le micro-short de Wonderwoman. Donc il a fallu que je revoie mes objectifs à la baisse. Puisque je ne pouvais pas sauver le monde, j'allais simplement faire ma part, en sachant que d'autres faisaient la leur, avec des approches différentes, ou similaires.

Et donc pour approcher la paix dans le monde.
J'ai choisi d'apporter la paix dans les maisons.
Et donc la paix individuelle... qui permet la paix relationnelle.



Si je me prêtais à la mode des nouvelles appellations d'activités que l'on voit fleurir sur le net, je pourrais m'appeler "diffuseuse de paix", "diplomate des familles" ou encore "fée un effort tu vois bien qu'il s'exprime".

Pardon, je m'égare... en risquant de m'attirer les foudres de mes collègues, qui plus est !

Mais donc oui, c'est ça que je fais : j'aide les personnes à se sentir en paix avec elle-même, pour se sentir mieux avec les autres".


Mais comment fais-tu cette chose si extraordinaire, Florence?

Et bien, je propose des consultations, individuelles, conjugales, familiales. Je propose également des formations sur les thèmes des émotions, de la communication.
ET comme je suis très sensible au bien-être individuel, dans cette société perfectionniste, je propose une foultitude d'activités pour lutter contre l'épuisement, quel qu'il soit.

 

 





 

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2019-11-04T13:54:58+01:00

Ôtez cette étiquette que je ne saurais voir

Publié par Florence Beuken

 

C'est ma fille, lors de mon anniversaire, qui m'a fait cogiter sur tout ça en me souhaitant ses bons voeux et en me demandant de rester toujours aussi jeune dans ma tête, ainsi que sa maman meilleure amie.
Bien sûr, j'ai trouvé ça touchant. Mais en même temps, je ne pouvais pas m'empêcher de penser à ce qu'on m'a inculqué comme ce que devait être la relation parentale (ou éducative au sens large), ou en tout cas ce qu'elle ne devait pas être : une relation d'amitié !

 

Mettre les lunettes de l'autre pour mieux comprendre ses mots



Puis j'ai réfléchi, et j'ai discuté avec elle de ce qu'elle voulait dire par là. Et donc ce qu'elle mettait derrière cette étiquette : la confiance, le fait de pouvoir parler de ce qu'elle vit, ses émotions, être acceptée et aimée comme elle est, le fait de rire ensemble, passer des bons moments, m'aimer et me respecter, aussi.


Pour moi, cette présence, cette confiance, cet amour inconditionnel, cela fait partie de mon rôle de maman (tel que je le conçois pour moi). Les règles? L' "autorité"? Elle a 14 ans, les règles importantes pour moi, elle les a intégrées. Les nouvelles, celles qui correspondent à son évolution d'adolescente, on en discute ensemble. C'est ce qui fait que j'ai confiance en elle, que je peux lui laisser une certaine liberté.


La confiance qu'elle a en moi? Le fait qu'elle me raconte sa vie, me demande mon avis? J'en suis évidemment ravie. Mais ça, c'est elle. Elle qui choisit de le faire. Elle qui choisit cette part de notre relation.
ça ne durera peut-être pas. Je ne le sais pas, ça lui appartiendra, ça aussi.

 

"Je ne suis pas ta copine !"



Donc cette "étiquette" qu'elle a joliment collée sur notre relation actuelle, elle ne correspond pas à cette phrase que nous avons peut-être toutes déjà prononcée "Je ne suis pas ta copine!" mais à sa définition d'un vécu. Son point de vue à elle, avec ses mots à elle.

C'est pourquoi c'est tellement important d'aller voir ce qu'il y a dessous.

 

Dis-moi quelles sont tes étiquettes, je te dirai ... euh... pas forcément qui tu es



J'ai alors re pensé aux étiquettes que je portais étant enfant.
Je crois que les deux plus grosses étaient "lente" et "timide". Quoique la "sage" prenait pas mal de place non plus.
Elles m'ont poursuivi très longtemps, celles-là. Parfois, je dois encore gratter la colle qu'elles ont laissée.

Oh je ne peux pas donner tort à mes parents, ni à toutes ces personnes qui me les ont appliquées.
J'étais toujours la dernière à terminer mon repas, qui souvent était froid. Je mettais des plombes à terminer mes exercices en première primaire (CP), ce qui me valait souvent d'être surnommée "la limace dans un pot de confiture" par la maîtresse. En sport, n'en parlons même pas. C'était la catastrophe et j'étais toujours la dernière "choisie" lorsqu'on faisait les équipes.

 

Mais ces étiquettes, étaient-elles/sont-elles moi?


Je ne peux pas m'en cacher, c'est vrai que j'ai ces traits de personnalité, ou ce fonctionnement... Mais la formulation n'est, avouons-le, pas très très positive. (La "limace dans un pot de confiture", il y a du level, quand même !)


Avoir ces étiquettes version "bof" m'a donné une image de moi "bof" pendant longtemps. Puis l'envie de me battre contre celles-ci pour ne plus être "timide", "lente", "trop sage" (traduction "chiante comme la pluie") et donc me sentir mal, car je luttais finalement contre ma nature. 


 

C'est pendant mes études pour devenir éducatrice spécialisée que j'ai vu qu'on m'accueillait comme j'étais. Tant mes "collègues" que mes profs. J'étais comme j'étais, il n'y avait pas de moule pour être éduc (contrairement à mes études précédentes pour devenir prof), on partait de ce qu'on était pour offrir le meilleur aux personnes qu'on accompagnait.
Ma timidité est devenue une grande capacité d'écoute, ma lenteur une façon d'être posée et même apaisante. Quant au côté sage, je l'ai gardé pour être dans le respect des personnes... et je l'ai laissé derrière moi pour apprendre à sortir du cadre quand je n'étais pas d'accord, ne comprenais pas ou ne trouvais pas de solution. J'ai transformé mes "étiquettes" en "facettes"... Ce n'est pas quelque chose qu'on m'a collé dessus, c'est moi. Selon la lumière qui s'y reflète ça peut sembler bien ou pas bien (et cela dépend donc du regard de l'autre, pas de ce que je suis réellement !) Je peux les transformer au fil du temps, car il y a l'usure, il y a les choix... Et finalement, c'est très précieux tout ça : un peu comme un diamant.

(Et si Marilyn Monroe dit vrai, je suis donc ma meilleure amie!)

 

 

"Le pouvoir de l'acceptation"



Ces grosses étiquettes moches représentent aujourd'hui encore des parts que je n'apprécie pas toujours chez moi, mais aussi les parts de moi que j'aime le plus parce qu'elles font "moi".



Etre dans l'acceptation de ce que je suis au fond de moi m'a également permis d'être plus en paix avec moi-même. Et si ma timidité me fait encore enrager quand, dans un repas avec des personnes que je ne connais pas bien, je n'arrive pas à parler de tout et de rien sans me mettre la pression, dans d'autres circonstances, comme lorsque je donne des formations, les personnes en face de moi tombent des nues quand je leur avoue ce trait de ma personnalité, ou cette difficulté que je peux encore vivre.

 

 

 

 

 

Des post-it-oeillères (parfois collés avec de la superglue)
 


C'est ce travail sur moi qui me permet aussi, je pense, d'être dans la plus grande ouverture possible face aux personnes. J'ai toujours besoin d'aller plus loin que l'apparence ou l'étiquette mise par d'autres. Pour moi, même si je vois des actes qui ne me semblent pas top, je pense qu'il y a une explication qu'on peut essayer de découvrir. Pour moi, les généralisations tuent. Car chaque personne est différente.

 

C'est dans cette façon d'envisager mon individualité que j'accepte de montrer certaines de mes facettes aux personnes que j'accompagne. Ma fille me disait "mais maman, t'es pas sérieuse?" quand j'ai acheté ma fabuleuse trousse "je peux pas j'ai aqualicorne" !
- Que vont penser tes patients?
- Qu'est-ce que tu penserais, toi, si tu voyais une psy avec cette trousse?
- ça me ferait rigoler, je crois, puis je la trouverais sympa.

Voilà, les personnes qui viennent chez moi, viennent parce que ce je leur propose leur parle. Et comme mon premier outil de travail c'est moi, c'est que ça leur convient. Je n'ai pas à faire la "psy sérieuse à barbe" puisque ce serait jouer un rôle. Si ils trouvent trop bizarre ce que je suis, c'est probablement qu'un de mes confrère avec d'autres caractéristiques leur conviendra mieux !

Pour ceux qui ne me connaîtraient pas, ceci n'est pas réellement moi.


Cette ouverture, j'en ai d'ailleurs fait l'une des règles que j'explique lorsque je démarre une formation : la règle d'ouverture. Chacun a ses idées, opinions, valeurs... On a le droit de ne pas être d'accord, de ne pas comprendre. Dans ce cas, il est préférable de poser des questions, essayer de comprendre... et toujours sans jugement.

En partant de ce principe, on a tellement à gagner !

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