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couple

2020-03-23T15:24:50+01:00

S'il suffisait qu'on s'aime...

Publié par Florence Beuken

Notre chère Céline se faisait déjà cette réflexion il y a pas mal d'années. Pourtant, les comédies romantiques continuent de nous faire croire à la magie de l'amour, celle qui permet de tout traverser, main dans la main, toi et moi contre le monde entier... et contre le covid19 ! 

 

Certains y arrivent. C'est vrai. Et ils se font entendre, haut et fort, sur les réseaux sociaux, comme Josiane "Je ne comprends pas tous ces articles ! Mon mari et moi ça fait 30 ans qu'on vit ensemble, on est très fusionnels, je ne vois pas où est le problème. Si on s'aime, être confinés ensemble n'est pas un problème ! "

Chère Josiane, j'ai tout d'abord envie de vous dire bravo pour cette longévité. Je ne pense pas que vous ayez traversé ces trente années en étant toujours au haut de la vague, être en couple demande des ajustements, de la communication, de la prise de recul... ce qui n'est pas toujours facile ! 

Sachez aussi que tous les couples ne sont pas fusionnels, ils sont même plutôt rares. Donc oui, il est probable que ces couples qui ont un fonctionnement très différent de celui de confinement vont devoir se réinventer, pour quelques semaines, afin de ne pas (trop) vivre de tensions, ou les traverser sans dégâts.

Enfin, peut-être avez-vous la chance d'avoir les ressources nécessaires à une bonne intelligence émotionnelle, relationnelle. Auquel cas, effectivement, cela vous semble peut-être aller de soi. Malheureusement, nous apprenons énormément de choses à l'école, mais ces apprentissages-là n'en font pas encore suffisamment partie. Et il y a peu, les émotions étaient encore prohibées.


Quelles sont donc ces habitudes que vous avez probablement sans le savoir, un peu comme Monsieur Jourdain, et que vous pourriez partager à ces couples?

 

Des choses à se raconter



Comment ça se passe d'habitude : 

A part dans la phase "lune de miel" où on a tout à se raconter, sur soi, sa vie, ses envies, ses projets, ses sentiments... un couple en général vaque à ses occupations durant la journée et se retrouve le soir. Chacun a alors son petit rituel où on va se raconter la journée, les bonnes ou mauvaises nouvelles, les anecdotes des collègues, le joli mot du petit dernier...


Ce que Josiane fait (peut-être) :

Probablement, Josiane, vous aussi, même si vous êtes toujours l'un avec l'autre, avez-vous mis en place des activités un peu différentes, ou avez-vous des sujets de conversations sur lesquels vous pouvez vous amuser à débattre?


Les leçons à en tirer en cette période de confinement :

Préservez des moments où vous allez faire des choses de votre côté. Certes, vous pouvez tout à fait profiter pour faire plus de choses ensemble, aménager les horaires. Mais conservez ces petits moments où vous faites des choses différentes, que ça soit le boulot, ou simplement des activités. Il y a probablement des choses que vous aimez faire, mais en solitaire, ou encore que votre conjoint n'adore pas. Profitez-en, ça fera des choses à raconter. Si en plus vous avez défini des horaires, même approximatifs, cela vous aidera à savoir quand être disponibles l'un pour l'autre. 

 

 

Des besoins exprimés

 

Comment ça se passe d'habitude : 

Les fonctionnements de couple diffèrent vraiment d'un couple à l'autre. Mais un aspect qui se retrouve chez beaucoup est celui de croire que l'autre peut lire dans nos pensées. Certains, selon la sensibilité et la connaissance mutuelle, peuvent effectivement parfois en arriver à quelque chose de semblable. Ceci dit, la plupart du temps cela peut créer des insatisfactions, de la tristesse, de la frustration... qui, selon les cas, l'intensité et l'accumulation peuvent créer des tensions très compliquées à vivre.
 

Ce que Josiane fait (peut-être) :

Peut-être que Josiane exprime, simplement ses besoins à son Jules. Et que celui-ci les entends. (Et vice-versa)
C'est évidemment la meilleure des choses à faire.
Mais il se peut également que leur couple a pris l'habitude d'une relation complémentaire : un dominant, un dominé. Ils ne s'en rendent même plus compte, mais les décisions sont très souvent unilatérales. Peut-être que ça peut leur convenir, ça s'est vu. Mais peut-être aussi que le dominé, qui accepte que l'autre dirige la barque, apaise, voire noie sa frustration, voire sa colère lors d'activités solitaires, comme le jardinage, le bricolage, les loisirs créatifs, les moments entre potes ou copines, ou encore à s'occuper des petits enfants.
Selon les activités prévues, mais aussi avec ce stress permanent (avec les réseaux sociaux, la télé en permanence allumée sur les infos), il est possible que l'un ou l'autre ne trouve plus sa bulle nécessaire à l'apaisement et que, l'autre étant omniprésent n'accentue encore ce sentiment de frustration. 


Les leçons à en tirer pour cette période : 

Exprimez-vous ! Et pas quand vous êtes déjà prêt.e à exploser, non dès que ça ne va pas. Parfois même déjà avant ! 
Pour ce faire, rappelez-vous que l'autre n'est pas dans votre tête. Il n'a pas la même vision de la situation que vous. La plupart du temps, il ne le fait même pas intentionnellement. Donc à vous de lui expliquer VOTRE réalité.
La communication non violente est une communication qui prend en compte ces différences de point de vue, aide à entrer dans le monde de l'autre avec bienveillance et respect, protège la relation, mais aussi les attentes et besoin des deux parties. C'est une habitude à prendre, mais une fois qu'elle devient plus naturelle, elle semble tellement aller de soi.

De manière simplifiée, on peut en retenir ceci : 
- Je parle de MOI, de ce que je vis. Je commence donc par "je", et non par "tu" (Les "tu n'as pas fait ceci" risque très souvent d'être compris comme des attaques... et de générer une contre-attaque qui mène généralement à l'escalade. Préférez vraiment le "je")
- J'exprimes les FAITS (pour que mon conjoint comprenne comment j'ai vu ou perçu la situation), mes EMOTIONS par rapport à cette situation, les BESOINS qui ne sont pas rencontrés, de par cette situation, et j'explicite mes ATTENTES. 

Puis, en vous ménageant des temps pour vous, cela aide aussi à faire retomber les éventuelles tensions. Toujours plus simple pour s'exprimer en mode "non-violent". (Quand on est en plein dans l'émotion, à chaud, on n'est pas capable de réfléchir, de mentaliser ce qui se passe pour nous... Prenons un peu de recul, soufflons, pour comprendre puis exprimer calmement ce qui se passe.)

 

 

Le plaisir de se retrouver

Comment ça se passe d'habitude :

Chaque petite séparation signifie qu'il y aura des retrouvailles. Ces séparations, chez certains couples, peuvent parfois durer plusieurs jours, selon les emplois par exemple. Et souvent, on est heureux de se retrouver. La plupart du temps, les séparations, c'est le boulot, les activités, les soirées avec les amis respectifs. De petites séparations, que l'on ne voit d'ailleurs pas comme telles. Mais qui sont aussi des bouffées d'oxygène qui vont rendre plus savoureuses la vie en commun. 

Ce que Josiane fait (peut-être) :

Même en étant très fusionnels, Josiane et son Jules se retrouvent probablement. Parce que se retrouver, ce n'est pas seulement se séparer physiquement pendant plusieurs heures ou jours, c'est aussi se retrouver dans des contextes différents, c'est aussi avoir simplement des activités différentes à certains moments de la journée (même si on se trouve dans le même pièce).
C'est réinventer à chaque fois son couple, prendre conscience à chaque moment du plaisir que l'on a de revenir l'un vers l'autre.

Les leçons à en tirer pour cette période : 

Les retrouvailles ça peut être aussi simplement se retrouver dans d'autres conditions : changer des habitudes, changer de lieu (pourquoi pas faire un pique-nique au milieu du salon, ou dans le jardin?), préparer une surprise, se séduire à nouveau, pimenter sa sexualité...



S'il suffisait qu'on s'aime...

Mais non, l'amour ne suffit pas. En temps normal, comme en temps de confinement.
S'aimer, et préserver cet amour d quotidien, des différences individuelles, c'est tout un art.

Et si on profitait du confinement, pour expérimenter de nouvelles façons de se retrouver?

 

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2020-02-11T09:36:32+01:00

L'auto-bienveillance ou la théorie de la vessie

Publié par Florence Beuken

Avec l'explosion des burn out, on commence (enfin) à nous le dire : pensez à vous ! 
Des histoires, des images nous aident à comprendre pourquoi l'égoïsme (à doses raisonnables, bien sûr) n'est pas un défaut, mais une nécessité. Ce matin, une image m'a semblé encore bien plus parlante que toutes celles que j'avais déjà lues ou entendues.

 


J'avais déjà entendu le parallèle fait avec les masques à oxygène dans les avions.
Et effectivement, c'est très parlant. Vous avez déjà probablement tous pris l'avion, et si vous avez pris la peine d'écouter les consignes de sécurité, on nous le répète : en cas de problème, toujours mettre son propre masque à oxygène avant de s'occuper des autres. Quand on y réfléchit deux secondes, c'est tout à fait logique : si j'utilise du temps à m'occuper des autres personnes, en l'occurrence des personnes plus faibles, en leur mettant leur masque par exemple, je ne serai pas moi-même en sécurité. Et il est possible que je perde connaissance avant même d'avoir pu les aider. Ce qui est quand même balo, avouons-le.



Maintenant, je vais vous demander de lever la main si vous avez déjà vécu la situation décrite ci-dessus. Je pense que très peu d'entre nous, et heureusement, l'avons vécue. Donc nous pouvons comprendre, intellectuellement, cette logique, bien sûr. Mais le mental ne parle pas aussi bien que l'expérience, l'émotion, le vécu.

C'est donc ce que je vais vous proposer d'explorer comment nous pouvons vivre une expérience qui répond à la même logique, d'une manière certes moins tragique (quoique) mais bien plus fréquente. Pour cela, je vous invite chez moi.
Nous sommes mardi matin, il est 7h. Je suis encore sous la couette, dans un demi-sommeil. J'entends, à l'étage du bas, un peu d'agitation : ma fille se prépare pour l'école. Bientôt, je me lèverai, comme chaque matin, pour lui faire son "bisou de bonne journée". En attendant, je continue de profiter de mon oreiller moelleux, de ma couette toute douce et de la chaleur de mon lit (toujours plus confortable le matin au réveil que quand on essaie de s'endormir le soir, vous avez remarqué?)
Tout est parfait. Enfin, tout le serait si je n'avais pas CETTE ENVIE PRESSANTE DE FAIRE PIPI !

 



A ce moment, j'hésite. Parce que non seulement c'est difficile de choisir entre la délivrance du pipi ou la chaleur du lit. Mais en plus parce que j'ai la vision de ma fille qui, alors que sautillant sur place je m'apprête à rentrer dans les toilettes, me saute dessus pour raconter un truc super important, me faire signer le papier méga urgent qu'elle a oublié de faire signer depuis une semaine, ou encore me faire un gros câlin qui ne peut pas attendre.  

Et là, je pense à vous. Parce que je me dis que cette situation est peut-être l'une des rares où on va se permettre de dire à notre enfant/conjoint/boss (enfin au bureau, pas au saut du lit) "Attends juste deux minutes, j'arrive ensuite".
Le pipi salvateur, finalement, qui va nous permettre, une fois n'est pas coutume, de nous faire passer avant.

Et même si vous êtes du genre à vouloir être présent à tout prix, imaginez... Vous sautillez sur place, vous serrez les cuisses, vous n'en pouvez plus, ça demande toute votre concentration. Etes-vous présent autant que vous le voudriez? autant que votre enfant/conjoint/boss en a besoin? Arrivez-vous à écouter?être attentif à l'autre? ... Plus votre besoin sera grand et plus vous tarderez à y répondre, moins vous pourrez être là pour ce proche.  


Pourquoi ne pas le faire pour d'autres choses?

"Ben là c'est un besoin, en fait. Il arrive un moment où je ne peux plus attendre"!


Mais des besoins, il y en a plein d'autres, nom d'un p'tit bonhomme ! Et pourtant vous les ignorez la plupart du temps. 
Besoin de calme, de solitude, d'apaisement et j'en passe... Pourquoi ne pas en tenir compte?

 



Ces besoins que vous niez, certes, ils ne vont pas laisser une flaque sur le carrelage, mais ils vont faire probablement plus de dégâts. Des dégâts invisibles d'abord. Qui vont finir par fatiguer votre corps, entraînant un épuisement au niveau émotionnel, relationnel... Et bardaf, c'est l'embardée !

Ecoutez vos besoins psychologiques autant que votre vessie !


Mettez votre masque à oxygène... Vous serez alors plus serein et disponible pour ceux que vous aimez.


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