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parentalite

2020-06-09T14:36:31+02:00

Éloignez vos enfants des jeux vidéos ! (Parce que ça en fera plus pour vous !)

Publié par Florence Beuken

A. Socialiser, explorer, réfléchir, se concentrer, exercer sa motricité, communiquer, gérer ses émotions, découvrir, se cultiver, prendre sa place, coopérer, coordonner, prendre de la hauteur, se dépasser, faire preuve de patience...


B. Se divertir, se défouler, tuer des monstres...

A votre avis, quelle liste ci-dessus correspond le mieux aux jeux vidéos?

La réponse est : Les deux mon capitaine !



Vous allez me dire "ouais bon, on te voit venir, toi tu aimes les jeux vidéos et tu vas nous vendre ton truc"
Je vous répondrais que ce n'est pas faux. Mais en tant que pro, si je n'étais pas convaincue de ce que j'avance, je sortirais ma console plutôt que de prendre le temps de venir en parler dans un article.

Dans mes jeunes années, les jeux vidéos se résumaient, pour moi, aux jeux auxquels mon frère jouait sur la SuperNES. Mario dans ses aventures mondiales, automobiles et picturales, Zelda et Bomberman.
Je n'étais pas très douée. Mais certains de ces jeux nous permettaient de passer de très chouettes moments dont nous nous souvenons encore aujourd'hui.



C'est bien plus vaste et complexe

Le monde des geeks étaient un grand mystère pour moi et j'en avais, comme beaucoup, une vision un peu caricaturale. Entre les "trucs où on tue tout ce qui bouge" et les "mondes féériques et mystérieux", je dois dire que je n'étais pas très intéressée.

Jusqu'à ce que je rencontre un passionné de jeux vidéos et que je m'intéresse d'un peu plus près à ce monde. 
C'est là que je me suis rendu compte de la multitude de genres de jeux qui existaient, de la complexité de certains jeux "où on tue" et des compétences à développer pour y arriver.


Plusieurs années plus tard, j'ai même mes favoris, mes petites habitudes ludiques.



Ce que j'ai trouvé dans les jeux


 

Le jeu auquel j'ai le plus joué est "un jeu de carte au tour par tour", Slay the Spire, avec plus de 1000 heures à mon actif. (Chiffres qui peuvent faire peur, pourtant je suis une adulte que l'on peut qualifier d'équilibrée ;) )
On a souvent peur qu'un excès de jeux vidéos mène à une dépendance, à la dépression... Pourtant, moi, ce jeu m'a aidée à tenir le coup dans une période difficile où j'étais épuisée, avec de grosses difficultés de concentration et où j'aurais franchement pu glisser vers ces troubles psychiques. Faire, chaque jour pendant une heure, le défi proposé me permettait de canaliser mon attention, réfléchir et surtout me donner la sensation de quand même encore réussir à faire quelque chose quand je ne pouvais plus travailler et que mon corps me disait merde. 

Je fais partie de ces personnes qui ont parfois un peu de mal à trouver le bouton OFF. Certes je pratique la méditation, la pleine conscience. Mais quand le hamster dans ma tête est complètement fou, j'avoue que méditer n'est pas aussi accessible qu'un bon vieux Tetris des familles. Rapide, efficace. Le top.

Quand on est stressé, énervé, parfois "aller tuer du monstre", franchement ça fait du bien. Un Diablo III, tranquille, et encore plus agréable si on est à plusieurs, à mitrailler de clics gauches pour voir s'évanouir ses ennemis (superbement monstrueux d'ailleurs), honnêtement, ça fait un bien fou ! On sort de ce genre de "séance" comme soulagé. Et, je lève la main droite, je jure n'avoir jamais eu envie, ni même la pulsion, de tuer qui que ce soit. (A part peut-être ceux qui me collent ou cognent avec leur caddie dans la file d'attente, mais ça c'est encore une autre histoire).

J'ai parfois pesté sur la difficulté de certains jeux, comme Overwatch, un FPS (jeu de tir à la première personne), qui demande une bonne maîtrise point de vue motricité. Certes on tue "des gens", ceux de l'équipe adverse. Mais le fait de tuer n'est pas ici ce qui nous occupe, c'est à la fois de pouvoir atteindre des objectifs, maîtriser le jeu en utilisant à bon escient les caractéristiques du personnage qu'on a choisi et... communiquer avec les autres membres de l'équipe pour que chacun trouve sa place pour atteindre ensemble cet objectif commun. 

J'ai ri à en pleurer (et à me faire sermonner par ma fille qui ne parvenait pas à dormir) sur un jeu dont j'ai oublié le nom parce que nous l'avons également expérimenté en famille et renommé "les bonshommes mous".

Parfois je me suis plongée dans des histoires. Deux m'ont particulièrement chamboulées. L'une, Enterre-moi mon amour, nous rend à la fois témoin et co-auteur d'un échange entre deux amoureux syriens, dont l'un des deux essaie d'atteindre l'Europe. Glaçant, bouleversant... Moi qui suis sensible à la cause des migrants, je n'avais pourtant jamais perçu leur possible histoire de cette façon. 
L'autre, Lie in my heart, nous mène à la rencontre d'un homme dont la femme s'est suicidée et nous invite à vivre son histoire et poser des choix, afin de voir en quoi nous aurions, peut-être, agi différemment. Immersif et troublant. Rarement un livre ou un film ne m'a laissé cette sensation

Enfin, mon jeu favori du moment, The binding of Isaac, plein de mauvais goût (c'est assurément un PEGI18), mais qui me donne l'envie de me dépasser, et réjouis la "petite fille en moi" avec toutes ces petites surprises (trinkets, salles spéciales, passages secrets...)

 

 

Et nos enfants ?



Certes les jeux que j'ai cités ne sont pas forcément ceux auxquels vos enfants amateurs de jeux vidéos sont habitués à jouer. Cependant tous ces genres de jeux existent dans des versions plus accessibles (en termes de difficultés et/ou de thématiques) ou plus à la mode chez les pré-ados et ados. 


Mon beau-fils de 11 ans, fan de Fortnite, comme beaucoup d'autres de son âge, coordonne ses mouvements, fait preuve de stratégie, communique avec ses coéquipiers, de manière claire et concise (parfois même en anglais ! ), gère les conflits ou désaccords qui peuvent parfois avoir lieu, ou se pose en médiateur, se concentre, apprend à gérer sa frustration en perdant, recommençant et, par là même, en s'améliorant


Je me souviens d'une maman, venue me voir en consultation, et qui s'inquiétait pour son fils qu'elle pensait "addict" aux jeux vidéos tels que Clash of Clans. En discutant de leur réalité à tous les deux, et en faisant un pas en arrière pour la regarder sous un autre angle, elle a pu se rendre compte non seulement de toutes les compétences qu'il avait développées grâce à ses jeux, mais aussi qu'il n'y avait pas de quoi s'alarmer puisque celui-ci continuait à avoir des relations sociales ainsi qu'une excellente relation avec elle (il lui racontait ses jeux et elle était capable de me raconter à son tour avec enthousiasme les différents jeux, ainsi que des termes de "gamer")


On sait également que certains jeux demandent une telle attention globale qu'ils développent les fonctions cognitives. De manière anecdotique, je peux par exemple vous dire par expérience que les gamers masculins, alors que leurs homologues non initiés ne sont capables de faire qu'une chose à la fois (leur cerveau est ainsi fait, on ne peut pas leur en vouloir), sont capables de faire deux choses à la fois (sauf s'ils ont décidé que ce que vous étiez en train de leur dire les embêtait). Ce qui est une excellente nouvelle pour la charge mentale des femmes !

 

Tous le même jeu : tous les mêmes !



Ce qui est également intéressant c'est que, selon les personnalités, les valeurs, les envies, toutes les personnes ne jouent pas de la même façon à un même jeu.
Découvrir son profil de gamer permet de mieux se connaître soi-même, ce qui est même éclairant sur la manière d'agir, de communiquer, de prendre sa place dans la société.

Selon Bartles, universitaire anglais, il existerait quatre type de joueurs. Cette typologie concerne les MMO (jeux en ligne massivement multijoueurs) mais on peut finalement l'appliquer à n'importe quel jeu. Certains vont veiller à proposer des jeux suffisamment riches pour intéresser tous les joueurs, certains s'adresseront plus à un type qu'à un autre.



"Le tueur" : c'est le joueur compétitif, il veut dépasser les autres.
Dans ce contexte, comme dans le jeu de société, il n'est pas négatif de se dépasser, se sentir "meilleur" ou "le meilleur". C'est peut-être au contraire cet aspect qui va permettre à l'enfant de s'accrocher, recommencer, vouloir se dépasser... et donc développer sa persévérance, par exemple.

"Le social" : il est surtout intéressé par les interactions avec les autres joueurs, que ça soit pour de simples échanges ou pour la communication liée au jeu. 

"Le collectionneur" : sa quête réside dans le fait d'amasser un maximum de récompenses ou de trophées. Il ne sera donc peut-être pas intéressé par le but final du jeu, mais par les différents défis, quels qu'ils soient.

"L'explorateur" : c'est celui qui préférera mettre énormément de temps à avancer dans le jeu mais sera certain de ne rien laisser passer. Il "nettoiera les salles" ou "la zone" avant de passer à une autre. Les petites découvertes, les "loots" (objets laissés par un ennemi qu'on a battu), les passages secrets que personne n'aura vu font sont bonheur.

 

 

On dit quand même que les écrans sont nocifs

Et ce n'est pas faux. 
Mais ils ne le deviennent que dans certaines mesures et circonstances.
Dans ce cas, quelle serait la bonne attitude à adopter?



Un accompagnement

Par exemple, les jeunes enfants qui, avant 5 à 7 ans ne sont pas encore capables de gérer leurs émotions seront trop sensibles pour certains jeux, au vu de la thématique abordée, le type d'images ou même la bande son qui ajoute à l'ambiance. 
Il est donc recommandé de les accompagner, ne pas les laisser seuls, longtemps, devant un écran. (C'est pareil pour la télé, pour les mêmes raisons). 


Pour aider au choix du jeu adapté, la signalétique PEGI est une bonne aide. Contrairement aux âges indiqués aux jeux de société, elle ne parle pas de difficulté de jeu, mais de contenu adapté aux différents âges. (Par exemple, si des ennemis ont une apparence humaine, comme dans Fortnite, le jeu n'est pas conseillé avant 12 ans, âge auquel l'enfant est capable de prendre du recul entre fiction et réalité).
Cependant, c'est vous qui connaissez le mieux votre enfant et savez ce à quoi il risque ou non d'être sensible. Pour les plus jeunes, comme on peut parfois être surpris par leur sensibilité à certains éléments, rien ne vaut un accompagnement ou au moins une présence pendant leur jeu. 

(Pedagojeux, dont je suis ambassadrice, propose des ressources en ligne pour les parents inquiets-mais-qui-ont-envie-d'en-savoir-plus)

 


Un peu de tout (comme les fromages belges)



Le jeu vidéo est une activité comme une autre, avec toutes ses richesses. Cependant on va s'alarmer plus rapidement d'un enfant qui passe son temps sur League of Legends que d'un autre qui passe sa journée dans sa chambre le nez dans ses bouquins. 

L'un et l'autre ont également besoin de voir des copains et de se dépenser physiquement. L'important est qu'ils goûtent à diverses activités : intellectuelles, divertissantes, physiques et sociales. 

 


Découverte VS diabolisation

 

Souvent l'inconnu fait peur. Une solution : faire en sorte que ce ne soit plus inconnu.
Demandez à votre enfant de vous parler de son jeu. Mieux : de vous montrer. Mieux encore : de vous y initier.


Les enfants à qui je l'ai proposé en consultation ont tous eu les yeux qui pétillaient à cette idée : ils allaient apprendre quelque chose à leurs parents et en plus, leurs parents allaient s'intéresser à quelque chose qui leur tenait à coeur.
Ce moment partagé fait du bien à la relation, permet au parent de mieux comprendre pourquoi son enfant est autant intéressé.
En outre, en connaissant mieux le fonctionnement de ces jeux, les parents peuvent mieux mettre les limites. Ces limites justes et conscientes qui permettront certainement d'éviter des conflits (par exemple, il comprendra pourquoi il est difficile pour un enfant d'interrompre sa partie immédiatement quand on l'appelle) et de maintenir la sécurité en connaissant le fonctionnement et les risques réels (par exemple pour le jeu en ligne).

 

 



N'oublions pas que le jeu vidéo est et reste un jeu.
Et donc par définition un plaisir qui peut être partagé et qui permet d'apprendre. 


Laissons-lui simplement sa juste place. 


 








 

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2020-03-13T14:23:44+01:00

Au secours, l'école est fermée !

Publié par Florence Beuken

On en parlait depuis quelques temps en riant, mais là ça y est, les écoles sont fermées. Dès aujourd'hui, la plupart d'entre nous sont à la maison avec les enfants. Et on peut le voir sur les réseaux sociaux, chez certains c'est la panique ! 
Il faut dire que ce ne sont pas des vacances (peut-être même aurons-nous toujours notre charge de travail télétransportée à la maison), parce que nous ne pourrons pas nous aérer l'esprit dans des festivités, rencontres, concerts, séances ciné, nous ne pourrons pas les emmener se défouler à l'aire de jeux couverte et toutes ces choses très chouettes que nous faisons habituellement lorsque nous passons des journées entières avec eux.
C'est un peu comme quand tout le monde est malade et qu'on est tous enfermé chez nous. Sauf que là, tout le monde pète la forme (enfin surtout les enfants) !

 

Le scénario catastrophe que beaucoup ont imaginé est une maison sens dessus dessous, les enfants survoltés, qui s'ennuient, se disputent, ne veulent pas faire les devoirs envoyés par l'école, notre boulot qui en pâtit, parce que vas-y pour te concentrer dans un souk pareil, la nervosité qui nous prend, l'envie d'être seul.e, un bon gros ras le bol et les cris qui l'accompagnent... 

Pourtant cette période, certes peu habituelle, pourrait s'avérer être l'occasion de prendre de nouvelles habitudes de vie en famille, d'aborder les choses positivement et peut-être même prendre du bon temps tout en posant les fondation de notre future vie plus sereine.

 

 

Comment veux-tu que je bosse avec les enfants ?

 



Si vous télétravaillez, dites-vous qu'on est souvent bien plus productif chez soi qu'au bureau. Donc inutile de culpabiliser si vous ne parvenez pas à travailler autant d'heures qu'au siège de la boîte, puisque vous aurez probablement travaillé mieux en moins de temps. 
Vous pouvez donc profiter de ce temps gagné pour commencer par préparer la journée avec vos enfants, penser organisation avec eux. Ils auront, en principe, eux aussi du travail. En fonction de leur âge, vous pouvez leur permettre de goûter peu à peu à l'autonomie : une séance de travail chacun de son côté puis on regarde ensemble ce qui était difficile ou pas compris, par exemple. Ou, s'ils sont plus jeunes et ont besoin de vous à leurs côtés : "on fait ce devoir ensemble puis tu fais telle activité seul pendant que je fais mes devoirs de mon côté. Je suis là, mais pas disponible pour un petit moment."
Les enseignants auront peut-être des supports à leur proposer, mais n'hésitez pas non plus à chercher avec eux des documentaires sur le sujet étudié, souvent ce qui est expliqué de cette manière est plus facilement compris et mémorisé. Tout bénéf. 
Rappelez-vous aussi que vous n'êtes pas enseignants ! C'est un métier, cela demande les connaissances, l'expertise, les connaissances pédagogiques. Ici, on pallie, on ne remplace pas. Donc pas de pression inutile, encore une fois. Vous faites ce que vous pouvez, comme vous le pouvez. Point.

Si vraiment le télétravail ne va pas être possible, que vous n'avez pas de solution pour garder votre enfant, sachez que la CPAM met en place une aide financière (comme pour un arrêt maladie) pour les parents d'enfants de moins de 16 ans dans ce cas. (Un parent à la fois, par contre). Il suffit de se déclarer sur le site declare.ameli.fr, ceci est valable tant pour les employés que pour les indépendants et auto-entrepreneurs.

 

 

Et si on réinventait nos journées ?

 

Après un passage à ne voir que le négatif de cette situation, j'ai décidé, hier, que ça ne servait à rien et ai chaussé, comme je le conseille souvent, mes lunettes roses. 
Cela m'a permis aussi de rassurer ma fille de 15 ans qui, hier justement, s'est rendue compte de la portée des mesures : non, elle ne pourrait pas voir ses potes pendant plusieurs semaines ; non elle ne pourrait pas faire du shopping ... 
Nous avons donc convenu que, puisque ces mesures sont nécessaires pour la santé de tous, que nous ne pouvions rien changer à cette situation, il était mieux pour nous de voir quel profit en tirer. Et ce profit c'était l'occasion de faire des choses que nous n'avions pas le temps, pas l'idée, pas l'occasion de faire habituellement dans nos journées de ministres. Nous avons choisi de créer une nouvelle routine.

 



Pour vous donner une petite idée, voici le planning de nos journées pour les semaines à venir :

Matin :
- Balade de 30 minutes (nous habitons en pleine campagne ; cette balade sera peut-être mutée en séance de gym en cas de confinement total)

- Méditation

- Travail / devoirs

Après-midi : 

- Rendez-vous skype avec les amis, collègues...

- Activité individuelle ou en famille : créativité (loisirs créatifs, jardinage, déco...), bien-être (cosmétiques maison, relaxation, masque...), cuisine...

Les soirées se passent de manière habituelle, mais plus "slow".

 



C'est bien joli, mais le ménage?



Et bien, si ce n'est pas encore le cas, ça peut être l'occasion de les faire participer à la vie de la maison.
Il y a de fortes chances que si vous passez du temps de qualité avec eux, par des jeux, une attention différente, ils seront aussi plus ouverts au fait de prendre part aux tâches ménagères. Pourquoi ne pas les proposer sous forme de jeu, de défi, voire de moment quasi-agréable (oui, "quasi", faut pas déconner non plus) avec la musique à fond et en chantant à tue-tête ?

Cette femme peut aussi être un homme ou un enfant ;)

 

 

 

 

 

 

 

Ils vont vouloir passer leur vie sur les écrans !

 


C'est probable. Pas vous?

On a tendance à diaboliser les écrans, à raison pour certaines choses, à tort pour d'autres.
Ce qui est néfaste c'est de passer son temps sur un seul type d'activité et de se couper des autres. Par exemple passer sa journée sur Netflix, ou sur les jeux vidéos, et de ne faire que ça, sans plus parler à ses congénères, sans plus se dépenser physiquement. 



Par ailleurs, les écrans sont un moyen de répondre à un certain nombre d'objectifs : travailler, apprendre, s'informer, créer, se relaxer, se changer les idées, et même... (surtout en cette période) garder le lien social ! 
Donc oui, il est probable que durant ce confinement, ce média sera un média de choix. 
Pour ceux qui ont des ados, n'oublions pas que les amis sont importantissimes. Ils passent souvent avant tout, leur lien est ce sur quoi ils construisent leur identité de futur adulte. Il est essentiel pour eux de pouvoir rester en contact.

Pour ceux qui s’inquiéteraient des leçons à apprendre, de devoir prendre la place des profs, il existe un tas de documentaires qui pourront être un super support d'apprentissage pour eux. Certains musées ont ouvert gratuitement leurs portes virtuelles, et un nombre impressionnant d'éditeurs de manuels scolaires ont mis leurs ressources à disposition. Tout ça sur des écrans... mais pour la bonne cause ! 


Personnellement, même si je veille à maintenir un équilibre entre les temps d'écran et les moments à me dépenser ou à partager des moments "irl" avec ma famille, je serai pas mal sur mon pc, pour rester en contact avec vous, mais notamment aussi à jouer à des jeux vidéos (ce qui peut d'ailleurs aussi être un chouette moment de partage, avec ma fille ou avec mon conjoint) ou à regarder des films et séries sur Netflix, que je ne prends peut-être pas le temps de regarder en temps normal.

 

 

On étouffe ! 

 

Si pour certains d'entre nous, l'idée de rester à la maison, ne pas bouger, est plutôt agréable, il faut avouer que pour d'autres cela peut rapidement tourner à la sensation d'emprisonnement voire d'étouffement. Pour les enfants, on peut même presque généraliser cette sensation qui génère en général au bout de quelques heures voire minutes une transformation "hulkienne" assez impressionnante ! 


Que faire?


Plutôt prévenir que guérir ! En fonction de la réalité de vos habitation, il s'agira de créer des espaces (ou des espace-temps) où tout le monde pourra se défouler. Une heure de Boum quotidienne, où chacun crée sa playlist tour à tour? Un jogging ou foot dans le jardin pour ceux qui en ont? Une séance de cri-du-monstre dans un temps donné? Des temps de "récré" bien cadré où, pour une fois, on peut courir et crier dans la maison?



Ma fille, qui démarre ses devoirs à distance a reçu la consigne du jour de son prof de sport : l'exercice du Mont Blanc, monter et descendre les marches de l'escalier, de plus en plus rapidement, pendant 5 minutes. Pour ceux qui le souhaitent, faire cet exercice sur "Le lundi au soleil". Sa conclusion : "5 minutes c'est long, finalement, je suis crevée !" 

 



On étouffe ! (bis)

 

On a beau les aimer plus que tout, il faut bien avouer que ces petits moments de solitude que l'on a au fil de la journée sans même s'en rendre compte (pendant les trajets en voiture, ou jusqu'aux transports en commun par exemple) sont vitaux. On a besoin de respirer. 
Et là, ça va s'avérer compliqué. Et long.
Si on ajoute à cela le stress, l'incertitude des semaines à venir, la peur, voire l'angoisse générée par certains médias, l'ennui, les tensions... cela peut rapidement tourner au pugilat, même pour les plus calmes d'entre nous.


Il convient donc de créer, renforcer, réinventer les règles de vie en commun. On peut , pour cela, se réunir, et demander à chacun ce dont il a besoin pour se sentir bien avec les autres, et éditer des règles qui permettront à tous de voir ses besoins comblés.
Il convient également de prévoir des sas : une bulle individuelle, une bulle conjugale (autant de bulles que l'on veut, en fait) et de délimiter clairement où, quand, comment on respecte les bulles de chacun.


 

 

 

Pour que nous puissions nous soutenir et partager des idées, j'ai ouvert le groupe Facebook "Au secours, on est enfermés". N'hésitez pas à nous rejoindre.



Pour aller plus loin et profiter de cette période pour créer une nouvelle façon de vivre ensemble, je vous invite à rejoindre le programme "Confinement : mode survie (relationnelle)". Vous recevrez deux à trois fois par semaine, des conseils, tuyaux, théorie (mais pas trop) pour apprendre à mieux communiquer, gérer votre stress et retrouver l'harmonie familiale... en période de crise, mais aussi après ! Ce programme vous donnera également accès à un groupe facebook secret, où échanger de manière plus personnelle sur notre vécu de la situation et, pour ceux qui le souhaitent, à un accompagnement thérapeutique à tarif préférentiel.


 

 


 

 

 



 

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2020-02-24T09:04:38+01:00

Aimer son enfant : une évidence. Ou pas !

Publié par Florence Beuken

Ma fille était aimée, attendue. Très. Cela faisait 3 ans que nous avions ce projet d'enfant, j'avais fait trois fausses couches, ça avait été dur. Très.
Elle était là, enfin. Pendant ma grossesse, nous avions fait de l'haptonomie, je lui parlais, je chantais. J'avais un projet de naissance, tout était prêt pour elle. C'était le bonheur.
Quand je l'ai vue, enfin, mon premier regard sur elle, les yeux plein de larmes, je me suis dit "mon dieu, on dirait un alien". Et je me suis tout de suite détestée d'avoir pensé ça.

Certes elle était "grande préma", elle pesait à peine plus d'un kilo. Moi j'avais frôlé la mort et je devais être bourrée de médicaments. D'ailleurs, je n'avais rencontré ma fille que le lendemain, transportée dans mon lit d'hôpital. 
Mais n'était-on pas censée, en tant que mère, trouver notre enfant magnifique? Le plus beau du monde? L'aimer dès le premier regard? Ce fameux instinct maternel...

Quand je l'ai prise dans mes bras la première fois, je ne me suis pas sentie à l'aise du tout. Je ne savais pas quoi faire, c'était bien plus simple quand elle était dans mon ventre ! Son papa s'en sortait bien mieux que moi. Ça me faisait culpabiliser encore plus.

Premiers jours, je suis perdue


Je me suis remise peu à peu, passant de mon lit de réanimation à la chaise roulante en maternité, puis pouvant marcher, plus ou moins, accrochée aux rampes. Plus le temps avançait, plus j'avais envie d'aller la voir, et plus je restais. 
"Bonjour maman de Valentine" clâmaient à chaque fois les infirmières. Je trouvais ça ridicule, et en même temps cela me permettait de me sentir mère. Cette identité, cette part de moi, était reconnue, avant même que je la ressente moi-même.
Puis l'entrée dans la salle de néonat me renvoyait comme une gifle "Une mère reconnaîtrait les pleurs de son enfant entre mille. Moi je ne reconnais même pas ceux de ma fille entre dix."

Honnêtement, je ne sais pas qui a inventé cette grandes croyances, mais il devait être bien sadique.

Je me sentais tellement mal, à la fois pour ce traumatisme personnel et pour cette difficile entrée dans la vie de mère, que j'ai envoyé bouler la personne qui est venue me proposer son aide. La psy de l'hôpital. 
Bon, je reste aujourd'hui persuadée qu'elle s'y est mal prise : elle me l'a proposée, comme ça, directement, violemment. "Ce que vous traversez est difficile, vous voulez en parler?" Je ris aujourd'hui de ma réponse, après en avoir eu honte quelques années, tellement j'ai été dédaigneuse : "J'étudie en ce moment la victimologie et le stress post traumatique. Comme j'aime faire les choses à fond, je l'étudie aujourd'hui de l'intérieur. ça ira, merci !" 
J'en ris mais je déplore aussi que personne n'ait pu voir derrière ce genre de réponse, ni elle, ni les infirmières, ni mon mari, que j'allais vraiment très mal.



Tellement mal, que 6 mois plus tard, je me faisais la malle. Adieu le mari, adieu la belle maison, adieu mes chiens et chat. Je suis partie sans me retourner "parce que je voulais vivre, découvrir de nouvelles choses, de nouveaux horizons, et non plus rester planplan comme mon mari".  J'ai perdu ma meilleure amie, aussi, qui en a dû en avoir marre que je me renferme sur "moi et mes nouvelles expériences".
Il m'a fallu près de dix ans pour comprendre qu'en réalité, plus que vouloir vivre, je voulais fuir. Fuir tout ce qui me rappelait ce moment difficile. J'étais en dépression. 

Ma fille est restée deux mois en néonat. Je passais mes journées là bas, assise dans ce gros fauteuil à côté de sa couveuse, à la garder contre ma peau. J'avais l'impression de retrouver la fusion de la grossesse. Je pleurais. Je lui parlais. Je lui racontais le début de sa vie. J'essayais de lui dire que je l'aimais aussi. Mais ça a pris du temps, au début mes mots restaient coincés dans ma gorge, je me sentais ridicule.

Accompagnée par les infirmières, j'ai appris à entrer en contact avec elle, lui prodiguer les soins, la masser... L'assistante sociale du service a pu poser des mots qui m'ont marquée et m'ont déculpabilisée. Elle le sait aujourd'hui car j'ai tenu à la remercier, 14 ans plus tard : sa douceur et sa bienveillance ont contribué au lien que j'ai aujourd'hui avec Valentine et à la confiance en moi que j'ai par rapport à ce rôle de maman.
J'avais besoin d'un accompagnement plus que d'une aide de wonderpsy, parce qu'une aide ça m'enfonçait encore plus dans mon sentiment d'incompétence.

Un bon mois plus tard, la communication est possible


Et surtout cette expérience m'a aidée à comprendre que non, l'instinct maternel n'existe pas. La relation à son enfant, c'est quelque chose qui se construit, peu à peu. Plus vite pour certaines que pour d'autres. Autant pour le père que pour la mère.


Ne pas y arriver de suite ne fait pas de vous de mauvais parents. 
Certains auront des histoires extraordinaires à raconter, j'avoue en avoir eu aussi, par la suite. Mais devoir se centrer sur soi, avant de faire connaissance peu à peu avec son enfant, en est une aussi, d'histoire extraordinaire. Et je pense qu'il y en a bien plus que d'histoires de coups de foudre à la naissance.

Je ne pensais jamais raconter cette histoire (quoique je l'ai fait sous un pseudonyme pour un article de magazine il y a quelques années), encore moins sur un blog où j'ai ma casquette de pro.
Mais lire le témoignage d'une amie, sur les réseaux sociaux il y a quelques jours, connaître quelques histoires autour de moi, souvent confiées en secret, me fait dire qu'il est temps d'oser dire que la maternité n'est pas innée (pour le papa, on le sait, ce serait même le travail d'information inverse qui serait nécessaire), que parfois c'est difficile, voire très difficile. 
Mon histoire a moi se résout plutôt pas mal, et rapidement, du moins en ce qui concerne le lien mère-enfant.

Pour d'autres c'est plus difficile, comme cette amie qui me confiait avoir mis deux ans avant de réussir à accepter puis aimer sa fille. Mais je crois que je dois mon salut à la gravité de notre état de santé à toutes les deux, et au fait que nous ayons été prises en charge longtemps à l'hôpital, au sein d'une équipe de néonat extraordinaire et dans une bienveillance incroyable. Quand je vois les dégâts sur ma vie de femme, je n'ose même pas imaginer ce que cela aurait donné si je m'étais retrouvée seule à la maison avec mon bébé 3 ou 4 jours après l'accouchement.

J'espère, par ce billet, sensibiliser les personnes à la difficulté maternelle. A la fois parce que je suis persuadée que savoir que cela existe permet de chercher de l'aide plus facilement si cela nous arrive. Mais aussi parce que je pense que cela est trop méconnu et passe inaperçu aux yeux de l'entourage qui se dit souvent "elle est fatiguée, c'est normal, ça va passer". Soyez attentifs aux signes, soyez là, à côté. 

 

 



Pour ne pas rester seule, vous pouvez contacter l'association Maman Blues qui propose des groupes de parole un peu partout en France et en Belgique.
Vous trouverez d'ailleurs sur leur site l'article que j'avais écrit pour le magazine Femmes d'aujourd'hui, et où je me suis renommée Fabienne :D

 





 

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2020-02-11T09:36:32+01:00

L'auto-bienveillance ou la théorie de la vessie

Publié par Florence Beuken

Avec l'explosion des burn out, on commence (enfin) à nous le dire : pensez à vous ! 
Des histoires, des images nous aident à comprendre pourquoi l'égoïsme (à doses raisonnables, bien sûr) n'est pas un défaut, mais une nécessité. Ce matin, une image m'a semblé encore bien plus parlante que toutes celles que j'avais déjà lues ou entendues.

 


J'avais déjà entendu le parallèle fait avec les masques à oxygène dans les avions.
Et effectivement, c'est très parlant. Vous avez déjà probablement tous pris l'avion, et si vous avez pris la peine d'écouter les consignes de sécurité, on nous le répète : en cas de problème, toujours mettre son propre masque à oxygène avant de s'occuper des autres. Quand on y réfléchit deux secondes, c'est tout à fait logique : si j'utilise du temps à m'occuper des autres personnes, en l'occurrence des personnes plus faibles, en leur mettant leur masque par exemple, je ne serai pas moi-même en sécurité. Et il est possible que je perde connaissance avant même d'avoir pu les aider. Ce qui est quand même balo, avouons-le.



Maintenant, je vais vous demander de lever la main si vous avez déjà vécu la situation décrite ci-dessus. Je pense que très peu d'entre nous, et heureusement, l'avons vécue. Donc nous pouvons comprendre, intellectuellement, cette logique, bien sûr. Mais le mental ne parle pas aussi bien que l'expérience, l'émotion, le vécu.

C'est donc ce que je vais vous proposer d'explorer comment nous pouvons vivre une expérience qui répond à la même logique, d'une manière certes moins tragique (quoique) mais bien plus fréquente. Pour cela, je vous invite chez moi.
Nous sommes mardi matin, il est 7h. Je suis encore sous la couette, dans un demi-sommeil. J'entends, à l'étage du bas, un peu d'agitation : ma fille se prépare pour l'école. Bientôt, je me lèverai, comme chaque matin, pour lui faire son "bisou de bonne journée". En attendant, je continue de profiter de mon oreiller moelleux, de ma couette toute douce et de la chaleur de mon lit (toujours plus confortable le matin au réveil que quand on essaie de s'endormir le soir, vous avez remarqué?)
Tout est parfait. Enfin, tout le serait si je n'avais pas CETTE ENVIE PRESSANTE DE FAIRE PIPI !

 



A ce moment, j'hésite. Parce que non seulement c'est difficile de choisir entre la délivrance du pipi ou la chaleur du lit. Mais en plus parce que j'ai la vision de ma fille qui, alors que sautillant sur place je m'apprête à rentrer dans les toilettes, me saute dessus pour raconter un truc super important, me faire signer le papier méga urgent qu'elle a oublié de faire signer depuis une semaine, ou encore me faire un gros câlin qui ne peut pas attendre.  

Et là, je pense à vous. Parce que je me dis que cette situation est peut-être l'une des rares où on va se permettre de dire à notre enfant/conjoint/boss (enfin au bureau, pas au saut du lit) "Attends juste deux minutes, j'arrive ensuite".
Le pipi salvateur, finalement, qui va nous permettre, une fois n'est pas coutume, de nous faire passer avant.

Et même si vous êtes du genre à vouloir être présent à tout prix, imaginez... Vous sautillez sur place, vous serrez les cuisses, vous n'en pouvez plus, ça demande toute votre concentration. Etes-vous présent autant que vous le voudriez? autant que votre enfant/conjoint/boss en a besoin? Arrivez-vous à écouter?être attentif à l'autre? ... Plus votre besoin sera grand et plus vous tarderez à y répondre, moins vous pourrez être là pour ce proche.  


Pourquoi ne pas le faire pour d'autres choses?

"Ben là c'est un besoin, en fait. Il arrive un moment où je ne peux plus attendre"!


Mais des besoins, il y en a plein d'autres, nom d'un p'tit bonhomme ! Et pourtant vous les ignorez la plupart du temps. 
Besoin de calme, de solitude, d'apaisement et j'en passe... Pourquoi ne pas en tenir compte?

 



Ces besoins que vous niez, certes, ils ne vont pas laisser une flaque sur le carrelage, mais ils vont faire probablement plus de dégâts. Des dégâts invisibles d'abord. Qui vont finir par fatiguer votre corps, entraînant un épuisement au niveau émotionnel, relationnel... Et bardaf, c'est l'embardée !

Ecoutez vos besoins psychologiques autant que votre vessie !


Mettez votre masque à oxygène... Vous serez alors plus serein et disponible pour ceux que vous aimez.


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2019-07-10T11:43:57+02:00

« La loi anti-fessée », dans les journaux, ça m’énerve !

Publié par Florence Beuken

 

Je dois avouer que je ne suis pas énormément l’actualité. Si une journaliste de Radio Classique ne m’avait pas appelée pour en parler, je n’aurais appris, comme tout le monde que la fameuse loi qui a fait couler beaucoup d’encre allait passer, le mardi 2 juillet.

Depuis, j’ai pu voir avec plaisir que beaucoup de médias s’en réjouissaient. Ce qui est une très bonne chose, sachant que cette loi n’est pas au pénal et a donc essentiellement une fonction symbolique avec pour but de faire changer les mentalités sur notre vision de l’éducation.

Ce qui est une nettement moins bonne chose quand on considère que la totalité des articles que j’ai vu passer sur les réseaux sociaux se réjouissaient en fait du passage de « la loi anti-fessée » !

Excusez-moi, mais (heureusement nous ne sommes plus dans le « mois sans râler »), mais j’ai un peu de mal à contenir ma colère quand je lis ça !



Pourquoi ce n’est pas la loi anti-fessée ?

Parce que c’est la loi anti-veo (violences éducatives ordinaires), et non pas uniquement « fessée ». C’est-à-dire que chaque acte teinté de violence (un peu, beaucoup) et qui est utilisé dans un but éducatif est une veo. Donc oui le « je vais t’en foutre une bonne, tu comprendras mieux » en fait partie, mais pas seulement.

On évolue sans cesse sur la connaissance de l’homme, de son évolution, de son développement, de ses besoins. C’est ainsi que les recherches en neurosciences affectives ont fait des découvertes importantes ces vingt dernières années sur l’évolution du cerveau de l’enfant et son développement émotionnel. Ces recherches, expériences et études ont permis d’affirmer un certain nombre de principes sur l’éducation donnée à nos enfants, qui remettent en cause ce que nous avons appris, et probablement nous-mêmes reçu. Et le changement, ça secoue, ce n’est pas toujours facile de l’accepter.

Nous savons par exemple qu’un enfant n’est pas encore capable de contrôler, gérer et comprendre ses émotions avant l’âge de 5 à 7 ans. Il a besoin qu’on l’accompagne, qu’on reconnaissance et nomme l’émotion dans laquelle il se trouve (on parle même de « tempête émotionnelle »). Il a également besoin que l’on réponde à ses besoins (dès les premiers jours et mois, cela lui permet d'ailleurs le lien d'attachement de se construire, c'est ce lien qui lui permettra plus tard d'accéder à l'autonomie et d'entrer positivement en relation avec les autres.)



Les personnes qui remettent en cause cette vision des choses s’arrêtent souvent uniquement à ces deux aspects de reconnaissance des émotions et écoute des besoins. C’est une erreur. Car l’enfant a évidemment aussi besoin de repères, de limites, d'un cadre et il est important de lui apprendre, au fur et à mesure de son développement, à avoir un comportement acceptable malgré l’émotion désagréable.



Cela donne donc :

« Je vois que tu es en colère, je comprends… mais je ne suis pas d’accord que tu frappes les autres. »
-> Je reconnais l’émotion

-> Je rappelle la règle (et je sanctionne si nécessaire).



Pour reprendre l’exemple de la fessée, ce serait non seulement nier l’émotion (et donc ne pas permettre au cerveau de maturer pour gérer lui-même l’émotion plus tard) mais en plus faire usage de violence, ce qui n’est pas admissible. (Il n’a pas le droit de frapper, pourquoi pourrions-nous le faire ?)

En allant plus loin, il n’y a pas que la fessée qui est violente. Et c’est là aussi toute l’évolution de la vision que l’on a de l’éducation.

En effet, les violences peuvent effectivement être physiques (fessée, tirer l’oreille, tape sur la main…)
mais également psychologiques. Et là, ça se joue dans les phrases, les attitudes que l’on peut avoir. Tout ce qui va donner là l’enfant le sentiment d’être rejeté, humilié, non pris en considération, pas respecté… Car oui, il est un enfant, mais est-ce une raison pour user de notre pouvoir d’adulte sur lui ? N’a-t-il pas droit lui aussi, en tant qu’être humain, d'être considéré ?


Ainsi, on va reconsidérer une série de pratiques, que l’on utilise souvent sans même y penser, « parce qu’on a toujours fait comme ça » : la mise au coin, le chantage (« si tu fais ce que je t’ai demandé, tu auras un jouet ») voire le chantage affectif (« si tu aimes maman, mange ces choux de Bruxelles »), la non-prise en compte des besoins (« termine ton assiette ») ou des émotions (« oh arrête de pleurer »), l’humiliation (« que tu es laid quand tu pleures »)…

Pour mieux comprendre ce qui est violent ou non, je propose souvent de transposer à des relations entre adultes. Comment vivriez-vous qu’on vous dise d’arrêter de pleurer, qu’on vous donne une tape sur la main quand vous voudriez plonger une dernière fois dans le paquet de chips, qu’on vous dise de manger ces yeux de porc si vous aimez vraiment votre hôte (oui, la répulsion peut être la même que pour les choux de Bruxelles !) ou qu’on vous mette au coin parce que vous avez ramené de la terre dans le salon en rentrant du jardin ?
Ce serait hors de propos, vous seriez blessé, voire très en colère ? Et bien, c’est la même chose avec des enfants. En outre, rien ne prouve que cela aide à faire rentrer les règles et le savoir-vivre dans leur petite tête blonde, bien au contraire.

 

 


« On n’en est pas morts »

Beaucoup des personnes qui restent réfractaires à cette approche éducative diront qu’enfants, ils ont reçu des fessées, qu’ils sont allés au coin, qu’on leur a crié dessus… et qu’ils n’en sont pas morts. C’est vrai, mais on ne souhaite pas à nos enfants qu’ils survivent seulement.
D’autres diront même qu’ils en ont reçu quelques-uns, mais que c’était nécessaire, sinon ils auraient mal tourné. C’est possible aussi, mais souhaite-t-on que notre enfant évolue dans la peur, ou dans la conscience du bien et du mal ?

Puis, utiliser consciemment la violence dans un but éducatif, c’est prendre le risque de basculer dans la maltraitance. Et personne ne le souhaite.



En outre, souvent on se souvient de la méga punition/gifle/fessée, mais on ne sait plus exactement pourquoi on l’a reçue… Alors que le rôle d’une sanction est justement que l’on prenne conscience du comportement inacceptable. Une sanction qui a du sens, qui permet de réparer, de réfléchir (pas avant 5-6 ans, car pareil, le cerveau n’est pas assez mature pour ça), permet vraiment de comprendre et d’intérioriser la règle.

 


Ça m’a échappé !

Le fait de focaliser sur la fessée interdite risque également de culpabiliser des parents qui seraient pourtant bienveillants. Ils savent que la fessée ne sert à rien, mais ce jour-là, épuisés, à bout, paf, elle est partie. Bien sûr ce n’est pas top. Mais ça arrive, et souvent on s’en veut.



Se dire qu’en plus on est hors la loi, c’est aller tout droit dans la chute libre de confiance en soi (et les parents d’aujourd’hui en manquent déjà). Or il y a une différence entre « utiliser consciemment la fessée comme méthode éducative » ou être débordé par ses émotions et le faire malgré soi.

Bien entendu, il ne faudrait pas que cela devienne une habitude, si c’est le cas, n’hésitez pas à vous faire accompagner. Mais si c’est occasionnel, comme pour une bêtise de votre enfant, réparez. Excusez-vous auprès de votre enfant, dites-lui que vous ne vouliez pas mais que vous ressentiez de la colère, de l’exaspération ou autre… S’excuser auprès de lui n’est pas un signe de faiblesse, au contraire. Les adultes aussi font des erreurs, et le reconnaître est un très bon exemple pour votre enfant.

 



Et maintenant que la loi est passée ?

La loi est passée. Les journalistes donnent cette mauvaise image qui fait que les sceptiques se renferment encore plus dans leurs arguments. Ceux qui ont envie d’en savoir plus lisent des articles, se documentent. Mais souvent ils connaissaient déjà un peu tout ça.

Selon moi, il est vraiment urgent d’aller un peu plus loin. Une loi, c’est bien joli. Mais c’est de prévention dont nous avons besoin, de sensibilisation. Mais aussi et surtout qu’on aide les parents à savoir quoi faire, à la place de ce qu’ils « ne peuvent plus faire ».

 

 

Et vous, qu'en pensez-vous?

 

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2019-01-21T14:00:16+01:00

Emerveillement Vs adolescence

Publié par Florence Beuken

Du plus loin que je m’en souvienne, j’ai toujours été rêveuse. A l’école primaire, j’ai souvent entendu « Florence, tu es dans la lune ». Au collège, j’écoutais le prof d’une oreille, mais mon attention était surtout happée par tout ce que j’observais par la fenêtre.

Plus tard, j’ai choisi un métier qui me permettait de garder cette part d’émerveillement, cette « âme d’enfant » : quelle meilleure excuse pour jouer que d’être éducatrice ? Encore aujourd’hui, en consultation avec les enfants, je passe beaucoup de temps assise par terre à jouer avec eux, passant de « je m’éclate avec eux » et « j’observe ce qui se passe pour eux ».



Et passant d’une sorte d’extra-terrestre à une adulte qui s’assume, j’ai appris, intégré cet émerveillement des petites choses à mon quotidien. Cela faisait partie de moi, j’aimais.

Quand ma fille est née, j’ai eu à cœur de lui partager ces « waaaa regarde ça » et quel bonheur le jour où elle m’a dit, de derrière, toute minuscule, dans son grand siège auto : « maman, ‘garde, les nuages, c’est beau ! »

Je me souviens aussi, un jour après l’école, où j’avais arrêté la voiture pour aller cueillir un bouquet de fleurs des champs et où elle m’avait dit « maman, la vie est belle avec toi ! »

Depuis 3 ans, après avoir quitté ma Belgique natale pour m’installer en région lyonnaise, je me sens un peu comme en vacances. Et quand je voyage un peu, le plus souvent pour aller donner des formations dans des villes que je ne connais pas encore, quand je traverse les petits villages, quand je m’approche des montagnes, je suis régulièrement bouche bée en regardant les paysages.


J’ai une passion pour les nuages. Les montagnes me donnent une sensation de plénitude. Les petits villages typiques me font dire « on dirait qu’on est en vacances ? Et bien non, maintenant c’est chez nous ! » Il m’est même régulièrement arrivé d’avoir les larmes aux yeux en regardant autour de moi.


Et souvent, lorsque je le pouvais, je me suis arrêtée pour prendre une photo, histoire de partager « cette si belle image, tellement belle que ça serait injuste que je sois la seule à la voir. »




C’est pourquoi, mercredi, j’ai vécu un moment difficile.

Je conduisais ma fille à son cours de danse, à la MJC.

Et, m’extasiant encore, en mode « En Vacances ? Et non, chez nous ! », voilà ti pas (mais quelle sotte alors !) que je demande à mon ado de fille : « Alors, tu te sens encore en vacances quand on passe ici ? »

 

- Ben je passe tous les jours en bus, ici.

- Oui, mais ça ne t’empêche pas de trouver ça toujours beau.

- Mouais.

- Regarde là, par exemple (pointant mon doigts vers le haut, à droite)

- Mh… C’est un immeuble !

- Mais non, derrière, regarde, un château en ruine, avec le ciel tout bleu derrière.

- …

- (Là, je commence à m’exciter, je gigote dans la voiture) Imagine tout ce qui a pu s’y passer dans ce château, toutes les histoires…)

- J’aime pas l’histoire-géo.

-

Mais quelle déception !

J’essaie de me dire que c’est juste une passe. (Mon imitation des "ados blasés l'a en tout cas fait rire !) Que dans quelques années, elle retrouvera cet émerveillement. Ou qu’elle osera à nouveau l’assumer devant sa mère !



Et vous, qu’avez-vous vu de beau aujourd’hui ?

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2018-06-25T16:09:14+02:00

Le manuel du parent parfait

Publié par Florence Beuken
Le manuel du parent parfait

Ce n’est pas une grande découverte, on sait qu’être parent aujourd’hui est bien plus complexe qu’il y a un siècle. Maintenant, on cherche avant tout à être heureux, et comme on n’est pas tous heureux de la même manière, on sort des cadres confortables et sécurisants de nos ancêtres.
Le problème c’est que sans ce cadre, ok on chemine vers notre propre bonheur, mais purée que c’est compliqué de trouver comment faire lorsque personne ne nous l’a expliqué. Ou que justement Tata Renée et Mamy Chantal nous on dit des choses, mais que ça ne correspond pas à notre vision de la vie/du respect de l’enfant/de la place de chacun/du conseil de la voisine ou l’enseignante ou de la psy ou de [à compléter].


Une super solution

 

Comme chaque problème a sa solution, et que s’il n’en a pas, quelqu’un la créera toujours, le Monde a inventé ... (roulements de tambour) les livres de parentalité !
Les bibles Pernoud et magazine Parents ont longtemps voyagé de mère en mère (oui, les pères étaient peu concernés à l’époque, ou du moins c’était ce qu’on estimait normal). Ces ouvrages apportaient des conseils, ces repères qui manquaient… Puis le Monde s’est dit que, quand même, avoir plusieurs sons de cloche, c’était pas mal. Donc il en a créé d’autres. Puis comme le Monde exagère toujours, il en a créé trop. Beaucoup trop. Une rapide recherche sur le net vous montrera qu’en guise de magazines, on a largement le choix (on a le choix d’avoir du bon, mais aussi du moins bon, d’ailleurs…) et en livres, comment dire … nous sommes carrément ensevelis ?

J’adore les livres, je ne peux pas m’empêcher d’en acheter ou d'en emprunter. Plein. Sauf que là, pour me tenir au courant de tout ce qui existe, c’est carrément impossible. Il me faudrait une équipe complète qui lirait et me résumerait tout ce qui sort chaque mois.
Du coup, je ne lis plus que ce qui m’attire vraiment. Comme ce livre, qui a sauté sur moi un jour, dans cette supergrandesurface. Il était si beau, avec toutes ses couleurs. Il était clair, plein d’images, de photos, des petits tests, des schémas. Le tombeur de ces lecteurs !
En plus ! Il était soldé à 4 euros ! QUATRE EUROS vous vous rendez compte ? Personne, non vraiment personne d’un tant soit peu intéressé par le sujet ne pouvait passer à côté !


Y a des livres, ils craignent !



Bon, j’avoue, il y avait un mais. Parce que malgré le fait qu’il soit paré de ses plus beaux atours, ce livre avait un titre qui ne me plaisait pas : « Comment être une super maman ? »
Déjà, pourquoi rien que les mamans ? Moi qui suis une fervente défenseure des papas, je n’aime pas trop qu’on les mette comme ça de côté. (Bon, je spoile un peu : ils apparaissent quand même en photo dans le livre, les papas. Deux fois. Une fois où ils jouent avec les enfants. Une autre où ils sont à table et attendent que maman apporte le repas. Du papa tout craché, quoi !)
Le mal était un peu rattrapé dans le sous-titre : « 10 compétences  dont tous les parents ont besoin ». Ok, "parents", mamans ET papas. (On pourrait même imaginer belles-mamans et beaux-papas, mais je crois que je deviens trop gourmande, là!) Par contre, on fait attention aux papas (bieeeen !),  mais il y a 10 compétences. 10 conditions, en gros, pour obtenir ce permis de Super Parent. (paaas bieeen !)

Ça, moi tout de suite, ça m’embête ! Parce que je n’aime pas les recettes, je n’aime pas le cadre, je n’aime pas les bulletins de note.
En fait, ce livre au physique parfait, il allait en séduire des parents. Des parents qui cherchaient des repères, des parents qui peut-être n’avaient pas trop confiance en eux parce qu’ils n’y arrivaient pas comme ils l'auraient voulu (des parents normaux, quoi ! Peut-être toi !)… il allait te séduire et puis PAF ! Il te montrait en un coup de table des matières que non, décidément être un super parent ce n’était pas pour toi.
Ben oui, parce qu’en plus tu pouvais les économiser tes 4 euros : tu pouvais te détruire le moral dès la première page, puisqu’elles étaient déjà écrites en toutes lettres ces fameuses conditions.



Je vous le dis tout de suite : je ne suis pas une super maman !
Et voilà. C’est foutu. Je vais même arrêter ce métier, revendre Grandechérie à cette auteure, qui doit être la seule supermaman au monde, et aller élever des chèvres dans le sud.
(J’espère que je trouverai le livre « Comment être un super éleveur ».)

Plus sérieusement, comme je l’ai dit, je suis quelqu’un qui  n’aime pas les recettes. Je trouve que des petites méthodes, simples, qui souvent ne sont que du bon sens, cela peut aider parfois. Mais il faut aussi s’autoriser à ne pas accrocher, à avoir d’autres façons de faire, qui peuvent même changer dans le temps ou selon les contextes.
Puis si par miracle une recette fonctionnait, il y a de fortes chances qu’elle n’aurait pas le même effet avec mes autres enfants, ou avec ceux de la voisine, ou dans un autre contexte. Donc globalement, une recette, il y a plus de chance que ça ne marche pas.
Et si on est un parent qui cherche des repères (ce qui est souvent le cas si on lit tout ça), c’est qu’on n’est pas très à l’aise avec notre façon de faire, de penser… Du coup, se planter même avec des recettes, ben souvent on va se dire que décidément on est vraiment trop nul.
Puis on se retrouve chez le psy !

Je me souviens particulièrement d’une maman qui après son premier atelier Parents-papote® m’a dit « mais en fait, je suis une bonne maman, j’en avais toujours douté ! ». MAIS OUI !


THE recette pour être un bon parent

Moi, la recette que j’ai envie de vous donner, c’est celle-ci :
Pour être un super papa/une super maman, vous devez :
1. Etre un papa/une maman
2. Avoir une cape.


Comment ça, c’est ridicule ? Non ! pas plus que nous demander d’être TOUJOURS bien dans notre peau, calme, zen, attentif, en forme, tel qu’on espérait être et j’en passe.
Bien sûr qu’il est normal de se poser des questions, bien sûr qu’il est normal de ne pas y arriver, de péter un câble, d’en avoir ras le bol. Bien sûr qu’il est normal de se sentir largué face aux méthodologies trop théoriques, parce que nous sommes humains, nous sommes uniques, et nous sommes merveilleux !



Alors lâchez-vous la grappe !

Soyez fier de tout ce que vous faites déjà de bien ! Soyez fier de qui vous êtes !
Et si vous avez envie de rester qui vous êtes, tout en vous sentant mieux et en gérant ces petites choses qui vous embêtent, on peut en parler ici, en commentaires ou lors du défi « Je deviens le parent que je suis » dès juillet !





 

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